L’ALAT (Alanine Aminotransférase), aussi appelée SGPT ou transaminase, est une enzyme principalement présente dans les cellules du foie. Son dosage par prise de sang permet de détecter une éventuelle souffrance hépatique.
Valeurs normales de l’ALAT/SGPT
| Sexe | Valeurs normales (UI/L) |
|---|---|
| Homme | 10 à 40 UI/L |
| Femme | 7 à 35 UI/L |
ℹ️ Ces normes peuvent légèrement varier d’un laboratoire à l’autre. Référez-vous toujours aux valeurs de référence imprimées sur votre feuille de résultats.
Que signifie votre résultat ?
| Résultat | Interprétation | Causes principales |
|---|---|---|
| Dans la norme ✅ | Foie en bonne santé apparente | — |
| Légèrement élevé (1 à 3× la norme) 🟡 | Atteinte hépatique modérée | Stéatose (foie gras), médicaments, alcool, sport intense |
| Modérément élevé (3 à 10× la norme) 🟠 | Atteinte significative | NAFLD avancée, hépatite chronique, hépatite médicamenteuse |
| Très élevé (> 10× la norme) 🔴 | Atteinte aiguë du foie | Hépatite virale aiguë, toxicité médicamenteuse, ischémie hépatique → consultation rapide |
⚠️ Important : un résultat anormal n’est jamais à interpréter seul. Il doit toujours être lu avec les autres marqueurs du bilan hépatique (ASAT, GGT, phosphatases alcalines, bilirubine) et dans le contexte clinique global, par votre médecin.
Qu’est-ce que l’ALAT/SGPT ?
L’alanine aminotransférase, ou ALAT, est une enzyme qui appartient à la famille des transaminases. On la connaissait autrefois sous le nom de transaminase glutamopyruvique sérique (SGPT en anglais, pour Serum Glutamic-Pyruvic Transaminase). Les deux abréviations désignent exactement la même enzyme.
L’ALAT se trouve principalement à l’intérieur des cellules du foie appelées hépatocytes. C’est cette localisation très spécifique qui en fait un marqueur si utile : c’est l’enzyme la plus spécifique du foie parmi toutes les transaminases.
Définition et rôle biologique de cette enzyme hépatique
Dans votre organisme, l’ALAT/SGPT joue un rôle essentiel dans le métabolisme des protéines. Elle catalyse une réaction chimique qui transforme les acides aminés (les briques élémentaires des protéines) en molécules utilisables par le corps pour produire de l’énergie.
Concrètement, l’ALAT transfère un groupement amine d’un acide aminé (l’alanine) vers une autre molécule (l’acide alpha-cétoglutarique). Cette réaction est indispensable au bon fonctionnement de nombreux processus biologiques, en particulier dans le foie qui est le principal organe métabolique du corps humain.
Pourquoi un taux d’ALAT/SGPT élevé signale un problème au foie
Normalement, l’enzyme ALAT reste confinée à l’intérieur des cellules du foie. On en trouve aussi de petites quantités dans d’autres organes (reins, muscles, cœur), mais en quantité bien moindre.
Quand les cellules hépatiques sont endommagées ou enflammées, leur membrane devient perméable. L’ALAT s’échappe alors dans la circulation sanguine, où une simple prise de sang permet de la détecter. C’est pourquoi une augmentation du taux d’ALAT dans le sang signale presque toujours une souffrance hépatique.
C’est aussi pour cette raison que l’ALAT est considérée comme plus spécifique du foie que sa cousine l’ASAT (qui se trouve aussi en grande quantité dans le cœur et les muscles).
Pourquoi surveiller son taux de transaminases ALAT/SGPT ?
Le dosage de l’ALAT/SGPT est l’une des analyses sanguines les plus couramment prescrites en France. Elle fournit des informations précieuses sur l’état de santé de votre foie, souvent avant même l’apparition de symptômes.
L’ALAT au sein du bilan hépatique complet
L’ALAT/SGPT n’est généralement jamais évaluée seule. Elle fait partie d’un ensemble d’analyses appelé « bilan hépatique », qui inclut habituellement :
- ASAT (SGOT) — aspartate aminotransférase, l’autre transaminase
- GGT — gamma-glutamyl transférase, marqueur des voies biliaires et de la consommation d’alcool
- Phosphatases alcalines (PAL) — marqueur de cholestase
- Bilirubine totale et conjuguée — marqueur d’élimination biliaire
- Albumine — marqueur de la fonction de synthèse du foie
- TP (taux de prothrombine) — autre marqueur de synthèse hépatique
L’analyse conjointe de ces paramètres donne au médecin une image complète et nuancée de la fonction du foie. Chaque marqueur oriente vers un type de problème spécifique : par exemple, une élévation isolée de la GGT évoque plutôt l’alcool ou une cholestase, tandis qu’une élévation conjointe ALAT + ASAT évoque une cytolyse hépatique (destruction des cellules du foie).
Pourquoi un suivi en cas d’anomalie est essentiel
Ignorer une élévation persistante de l’ALAT/SGPT peut retarder le diagnostic de pathologies sérieuses comme une hépatite chronique, une stéatose hépatique évolutive (NASH) ou même une hémochromatose. Sans prise en charge, certaines de ces affections peuvent évoluer silencieusement pendant des années vers des complications graves : cirrhose, insuffisance hépatique ou cancer du foie (carcinome hépatocellulaire).
C’est pourquoi le suivi régulier de ce marqueur, surtout en présence de facteurs de risque (surpoids, diabète, consommation d’alcool, prise de médicaments hépatotoxiques), est un véritable outil de prévention.
Un guide pour les décisions médicales et thérapeutiques
Les résultats du dosage de l’ALAT/SGPT influencent directement les décisions thérapeutiques :
- En cas de traitement médicamenteux : une hausse significative chez un patient sous statine, méthotrexate, paracétamol à haute dose ou certains antibiotiques peut suggérer une toxicité hépatique. Le médecin peut alors ajuster la dose, faire une pause thérapeutique, ou changer de molécule.
- En cas d’hépatite virale traitée : la normalisation du taux d’ALAT est un signe encourageant indiquant une bonne réponse au traitement antiviral.
- En cas de stéatose : la baisse de l’ALAT après une perte de poids et un changement de mode de vie est un excellent marqueur d’amélioration.
Comment interpréter vos résultats d’analyse d’ALAT/SGPT
Recevoir une feuille de résultats peut sembler complexe. Comprendre quelques éléments clés vous aidera à mieux déchiffrer les informations.
Unités de mesure et valeurs de référence
Le taux d’ALAT/SGPT s’exprime en unités internationales par litre (UI/L). Cette unité mesure l’activité enzymatique dans le sang, et non une concentration au sens classique du terme.
Les valeurs normales chez l’adulte sont typiquement :
| Sexe | Plage de référence |
|---|---|
| Hommes | 10 à 40 UI/L |
| Femmes | 7 à 35 UI/L |
⚠️ Ces valeurs peuvent légèrement varier d’un laboratoire à l’autre selon les techniques d’analyse utilisées (méthode IFCC, méthode SFBC, etc.). Référez-vous systématiquement aux valeurs de référence imprimées sur votre propre feuille de résultats.
Conseils pour une lecture pertinente de votre bilan
Pour bien comprendre vos résultats, voici les bons réflexes :
- Comparez aux normes de votre laboratoire : utilisez toujours les valeurs de référence fournies sur votre feuille d’analyse, pas celles d’Internet.
- Évaluez l’ampleur de l’écart : une élévation à 45 UI/L (légère) n’a rien à voir avec un taux à 400 UI/L (très élevé). Le contexte d’intensité change tout.
- Suivez l’évolution dans le temps : comparez avec vos analyses antérieures si vous en avez. Une élévation stable est rassurante ; une élévation progressive mérite investigation.
- Considérez le contexte global : examinez les autres marqueurs du bilan hépatique (ASAT, GGT, etc.) en parallèle.
- Discutez systématiquement avec votre médecin : lui seul peut interpréter correctement vos résultats en fonction de votre histoire médicale, vos médicaments, votre poids et votre mode de vie.
Quelles pathologies sont associées à une variation de l’ALAT/SGPT ?
Une modification du taux d’ALAT/SGPT peut être le signe de diverses situations médicales, allant du bénin et transitoire au sérieux et chronique. Identifier la cause précise est le travail de votre médecin, mais voici les causes les plus fréquentes.
Causes fréquentes d’une élévation des transaminases ALAT
1. Hépatites virales aiguës
Les hépatites virales aiguës (causées par les virus A, B, C, D et E) sont des causes classiques d’élévation majeure de l’ALAT/SGPT. Ces virus attaquent directement les cellules hépatiques et provoquent une libération massive d’enzymes dans le sang. Le taux peut alors être multiplié par 10, 50, voire plus de 100 fois la normale. Des symptômes comme la jaunisse (ictère), une grande fatigue, des urines foncées ou des nausées peuvent apparaître 4.
2. Stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD / NASH)
La stéatose hépatique non alcoolique (Non-Alcoholic Fatty Liver Disease, ou NAFLD), aussi appelée « maladie du foie gras », est aujourd’hui la cause la plus fréquente d’élévation modérée et persistante de l’ALAT/SGPT en France et dans les pays industrialisés. Elle touche environ un adulte sur quatre 5 et est étroitement liée au surpoids, au diabète de type 2 et au syndrome métabolique.
L’accumulation de graisse dans le foie entraîne une inflammation chronique, qui peut à terme évoluer vers une forme plus grave appelée NASH (stéato-hépatite non alcoolique), puis vers la fibrose et la cirrhose.
3. Médicaments hépatotoxiques
De nombreux médicaments peuvent affecter le foie, qui est le principal organe responsable de leur métabolisme. Parmi les classes les plus fréquemment impliquées :
- Paracétamol (surtout en cas de surdosage)
- Statines (anti-cholestérol)
- Antibiotiques (amoxicilline-acide clavulanique, macrolides)
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- Antiépileptiques (acide valproïque, phénytoïne)
- Méthotrexate
- Certains antifongiques
Cette élévation se produit parfois sans aucun symptôme évident, ce qui justifie la surveillance biologique régulière chez les patients sous traitement au long cours 6.
4. Consommation excessive d’alcool
L’abus chronique d’alcool est une cause majeure de souffrance hépatique. Cependant, dans l’hépatite alcoolique, c’est plutôt l’ASAT qui s’élève davantage que l’ALAT (rapport ASAT/ALAT > 2), ce qui aide les médecins à orienter le diagnostic.
5. Maladies auto-immunes du foie
L’hépatite auto-immune est une maladie où le système immunitaire attaque par erreur les cellules hépatiques. Elle touche surtout les femmes jeunes et se traduit par une élévation parfois importante de l’ALAT.
6. Causes plus rares mais à connaître
- Hémochromatose (surcharge en fer génétique)
- Maladie de Wilson (surcharge en cuivre)
- Déficit en alpha-1 antitrypsine
- Hépatites toxiques (champignons, plantes médicinales mal utilisées)
- Atteintes musculaires importantes (rhabdomyolyse) — l’ALAT étant aussi présente en petite quantité dans les muscles
Que signifie un taux d’ALAT/SGPT bas ?
Un taux d’ALAT/SGPT inférieur aux valeurs de référence est rarement préoccupant en soi. Dans de très rares cas, il peut refléter :
- Une carence en vitamine B6 (cofacteur de l’enzyme)
- Une dénutrition sévère
- Une insuffisance hépatique très avancée (le foie ne produit plus assez d’enzymes)
Cependant, dans ces situations, d’autres marqueurs (albumine, TP, bilirubine) sont généralement bien plus pertinents pour évaluer la gravité.
Que faire en cas d’anomalie de votre ALAT/SGPT ?
Si votre taux d’ALAT/SGPT est anormal, pas de panique : un suivi médical adapté est la meilleure approche. Des actions simples et un accompagnement personnalisé suffisent souvent à corriger la situation.
Quel suivi médical selon le degré d’élévation ?
Votre médecin adaptera le suivi à votre situation. Voici quelques repères généraux :
| Niveau de l’ALAT | Conduite à tenir habituelle |
|---|---|
| Normal | Bilan annuel dans le cadre d’un suivi de routine |
| Légèrement élevé (< 3× la norme) | Contrôle après 1 à 3 mois pour vérifier la persistance |
| Modérément élevé (3 à 10× la norme) | Consultation et contrôle rapproché, examens complémentaires |
| Fortement élevé (> 10× la norme) | Consultation médicale rapide, bilan hépatique complet, possible imagerie |
Adapter son alimentation pour la santé du foie
Votre alimentation a un impact direct sur la santé hépatique. Voici les pistes validées par les recommandations actuelles :
- Adopter une alimentation de type méditerranéen (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, huile d’olive, poissons gras)
- Limiter les sucres raffinés (sodas, pâtisseries industrielles, sirops) qui favorisent la stéatose
- Réduire les graisses saturées et trans (charcuteries, fritures, plats industriels)
- Boire suffisamment d’eau (1,5 à 2 L/jour) pour soutenir la fonction de détoxification
- En cas de surpoids, viser une perte de poids modérée et progressive : une perte de seulement 5 à 10 % du poids corporel peut suffire à normaliser l’ALAT en cas de stéatose
L’influence du mode de vie sur ce marqueur
Votre hygiène de vie globale joue aussi un rôle crucial :
- Réduisez ou supprimez votre consommation d’alcool (au maximum 2 verres/jour, et pas tous les jours)
- Pratiquez une activité physique régulière (au moins 150 minutes/semaine d’intensité modérée selon l’OMS)
- Évitez l’automédication, en particulier le paracétamol à doses élevées et les anti-inflammatoires
- Veillez à un sommeil de qualité et gérez votre stress, qui influencent indirectement la santé métabolique
Quand consulter un spécialiste (hépatologue) ?
L’avis d’un hépatologue (spécialiste du foie) est recommandé dans plusieurs situations :
- Taux d’ALAT élevé qui persiste plus de 6 mois
- Élévation accompagnée de symptômes (jaunisse, fatigue intense, douleurs abdominales)
- Facteurs de risque importants (antécédents familiaux d’hépatite, hémochromatose, consommation d’alcool excessive, infection VIH)
- Suspicion de maladie auto-immune ou de maladie génétique du foie
Foire aux questions sur l’ALAT/SGPT
Un taux d’ALAT/SGPT élevé indique-t-il toujours un problème au foie ?
Non, pas systématiquement. Plusieurs situations peuvent élever temporairement l’ALAT sans qu’il y ait de maladie hépatique :
- Un effort musculaire très intense dans les 24-48h précédant la prise de sang
- Certains médicaments (effet transitoire et réversible)
- Une consommation d’alcool dans les 48h
- Une minorité de personnes en bonne santé présente des valeurs légèrement au-dessus des normes habituelles, sans signification pathologique
C’est pourquoi un seul résultat anormal ne suffit pas à poser un diagnostic : c’est l’évolution dans le temps et le contexte global qui comptent.
L’élévation de l’ALAT est-elle proportionnelle à la gravité de la maladie ?
Pas toujours, et c’est même souvent contre-intuitif. Dans les hépatites virales aiguës, le taux peut être multiplié par 50 ou 100, mais le foie récupère souvent très bien. À l’inverse, dans des maladies chroniques avancées comme la cirrhose, le taux d’ALAT peut être presque normal ou seulement légèrement élevé, parce qu’il reste peu de cellules hépatiques fonctionnelles à se « casser » et libérer leur contenu.
L’interprétation doit donc toujours se faire dans un contexte clinique et biologique global.
Comment le taux d’ALAT/SGPT varie-t-il durant la grossesse ?
On observe physiologiquement une légère diminution des transaminases aux 2ème et 3ème trimestres. Cependant, toute élévation significative pendant la grossesse n’est jamais à banaliser : elle peut signaler des complications spécifiques comme la cholestase gravidique, le syndrome HELLP ou une stéatose aiguë gravidique, qui nécessitent une prise en charge urgente.
Faut-il être à jeun pour le dosage de l’ALAT/SGPT ?
Non, le jeûne n’est pas requis pour le dosage des transaminases. Le repas n’influence pas significativement les résultats. Cependant, votre prise de sang inclut souvent d’autres marqueurs (glycémie, cholestérol, triglycérides) qui, eux, nécessitent un jeûne de 12 heures. Suivez donc les consignes de votre laboratoire.
À éviter dans les 48 heures précédant le test : alcool excessif et effort physique intense, qui peuvent fausser les résultats.
ALAT, SGPT, transaminase : c’est la même chose ?
Oui, exactement la même chose. « ALAT » est l’abréviation française moderne (Alanine Aminotransférase). « SGPT » est l’ancienne abréviation anglo-saxonne (Serum Glutamic-Pyruvic Transaminase). « Transaminase » est le terme générique qui désigne la famille d’enzymes à laquelle l’ALAT appartient (avec sa cousine l’ASAT). Sur votre feuille de résultats, vous pouvez voir « ALAT », « SGPT », « TGP » ou « ALT » : ce sont tous des synonymes.
L’essentiel à retenir sur l’ALAT/SGPT
En conclusion, le taux d’ALAT/SGPT est un indicateur précieux pour la santé de votre foie. Le comprendre vous permet de :
- Détecter plus tôt d’éventuels problèmes hépatiques (souvent avant les symptômes)
- Suivre l’évolution d’une maladie connue
- Évaluer l’impact d’un traitement médicamenteux ou d’un changement de mode de vie
- Devenir un acteur éclairé de votre santé, en dialogue informé avec votre médecin
Mais souvenez-vous toujours : un chiffre seul ne fait pas un diagnostic. C’est le contexte clinique global, l’évolution dans le temps et l’expertise de votre médecin qui donnent du sens à vos résultats.
Sources
- Bilan hépatique sanguin – Le Manuel MSD
- Le patient asymptomatique avec bilan hépatique anormal – Le Manuel MSD Professionnel
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