Epistaxis : Causes, symptômes et gestion

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Revu et validé médicalement par :
Dr. Sylvain Benzakin

⚕️ Cet article est à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin pour interpréter vos résultats.

Les sécrétions nasales sanglantes désignent la présence de mucus mêlé de sang dans le nez ou expulsé par les narines. Ce symptôme peut varier d’une trace légère à un écoulement abondant. Dans cet article, vous apprendrez ce que signifient ces sécrétions, quelles en sont les causes possibles, comment on les évalue et quelles mesures prendre à domicile et en milieu médical.

Que signifie sécrétions nasales sanglantes ?

Les sécrétions nasales sanglantes indiquent un saignement au niveau des fosses nasales ou des sinus. Elles résultent souvent de la rupture de petits vaisseaux dans la muqueuse nasale. Cependant, elles peuvent aussi traduire une inflammation, une infection ou un traumatisme. Parfois, le sang provient d’une cavité avoisinante, comme la gorge ou les sinus.

Causes fréquentes des sécrétions nasales sanglantes

Les causes communes restent simples à identifier pour la plupart des personnes.

  • Traumatisme nasal léger, par exemple un coup ou un grattage intense.
  • Sécheresse de la muqueuse, surtout en hiver ou dans un environnement chauffé.
  • Rhinite aiguë ou chronique qui irrite la muqueuse.
  • Infections virales ou bactériennes des voies respiratoires.
  • Usage fréquent de sprays décongestionnants ou de corticostéroïdes nasaux.
  • Troubles de la coagulation ou prise d’anticoagulants qui augmentent le risque de saignement.
  • Tumeurs nasales, plus rares, mais à considérer en cas de saignement récurrent et d’autres signes (comme la douleur, le nez bouché de façon récente, et d’une seule narine, une déformation du nez).

Symptômes associés et signes d’alerte

Les symptômes associés aident à orienter le diagnostic.

  • Écoulement nasal contenant du sang mélangé au mucus.
  • Sensation de congestion ou douleur faciale.
  • Maux de tête ou altération de l’odorat dans certains cas.
  • En cas de saignement abondant, vertiges ou faiblesse peuvent apparaître, en lien avec le volume de l’hémorragie.
  • Signes d’alerte à ne pas ignorer : saignement persistant ou répétés , signes d’une hémorragie abondante (volume du saignement, pâleur, sensation vertigineuse, baisse de tension, malaises, sueurs,..).

Saignement antérieur ou postérieur : pourquoi cette distinction change tout

La plupart des articles listent les causes d’un mucus nasal sanglant sans préciser d’où part le saignement. C’est pourtant l’élément qui pèse le plus sur la gravité et sur la conduite à tenir. On distingue deux situations.

Le saignement antérieur (le plus fréquent)

Il provient de l’avant du nez, le plus souvent au niveau de la tache vasculaire (une petite zone très fragile située juste à l’entrée de la narine, sur la cloison nasale, là où plusieurs petits vaisseaux se rejoignent). Selon les recommandations de la Société Française d’ORL, environ 8 saignements de nez sur 10 sont de ce type et peuvent être contrôlés par des gestes simples à la maison.

Ce qui oriente vers un saignement antérieur :

  • le sang s’écoule par une seule narine, vers l’avant ;
  • il coule goutte à goutte, sans abondance ;
  • l’état général reste normal (pas de malaise, pas de pâleur).

Conduite habituelle : se moucher pour évacuer les caillots, puis pincer la partie molle du nez 10 à 15 minutes en respirant par la bouche, tête légèrement penchée en avant.

Le saignement postérieur (plus rare mais qui signe un saignement plus important)

Il part vers l’arrière des fosses nasales et provient également le plus souvent de la partie antérieure du nez. Le sang coule alors en partie dans la gorge et également le plus souvent, par les deux narines à la fois. Il est plus difficile à arrêter par une simple compression. Il concerne plus souvent les personnes âgées, sous anticoagulants (médicaments qui fluidifient le sang) ou présentant un trouble de la coagulation.

Signes qui doivent faire consulter sans attendre :

  • un saignement qui ne cède pas après 20 à 30 minutes de compression bien faite ;
  • des signes généraux : fatigue, pâleur, vertiges, cœur qui bat vite.

Et la tension artérielle dans tout ça ?

C’est une idée reçue tenace : une poussée de tension provoquerait le saignement. En réalité, le lien entre hypertension artérielle (tension élevée) et saignement de nez reste débattu et ne fait pas consensus ; les chiffres de tension élevés mesurés pendant l’épisode peuvent simplement traduire le stress du moment. Les recommandations de la Société Française d’ORL conseillent toutefois de mesurer la tension au moment d’un saignement important, car la contrôler peut aider à raccourcir l’épisode et à limiter les récidives. Autrement dit : la tension n’est pas forcément la cause, mais elle mérite d’être vérifiée quand le saignement est marqué. Une hausse de tension peut favoriser un saignement, mais la cause nasale est à rechercher.

Examens et diagnostic des sécrétions nasales sanglantes

Le médecin commencera par interroger la personne et examiner le nez. Il inspectera la muqueuse (rhinoscopie antérieure, plus aisée au spéculum nasal). Si nécessaire, il réalisera des analyses sanguines pour vérifier la coagulation. En cas de saignement récurrent ou de suspicion de lésion, une endoscopie nasale (réalisée par le spécialiste ORL) ou une imagerie (scanner) peuvent être demandées. Ces examens visent à localiser la source du saignement et à exclure une cause plus grave.

Traitements et mesures à domicile

En général, des gestes simples suffisent pour arrêter un saignement nasal mineur.

  • Asseyez-vous et penchez légèrement la tête en avant.
  • Pincez la partie molle du nez pendant 10 à 15 minutes sans relâcher.
  • Respirez par la bouche et appliquez une compresse froide sur l’arête du nez si besoin.
  • Sucez des glaçons (ceci provoque une contraction des artères nasales, et diminue le saignement)
  • Utiliser des mèches nasales hémostatiques spécifiques (type Coalgan), vendues en pharmacie
  • Évitez de vous pencher en arrière, de souffler fort ou de vous coucher immédiatement.

Si le saignement persiste malgré ces mesures, consultez un professionnel. En milieu médical, le médecin peut cautériser la zone qui saigne ou poser un packing nasal temporaire (méchage). Les traitements ciblés dépendent de la cause :cautérisation de la tâche vasculaire, stopper les facteurs favorisants (grattage, spray nasal), ajustement des médicaments anticoagulants ou prise en charge d’une tumeur si elle est identifiée.

Prévention des sécrétions nasales sanglantes

La prévention réduit la fréquence des épisodes.

  • Maintenez une humidité ambiante suffisante, surtout en hiver.
  • Hydratez la muqueuse nasale avec des sprays salins isotoniques.
  • Évitez de gratter l’intérieur du nez et de vous moucher avec une force excessive.
  • Contrôlez l’utilisation des sprays décongestionnants et respectez les prescriptions. En cas de saignement, le traitement devra être arrêté.
  • Informez votre médecin si vous prenez des anticoagulants
  • Portez un équipement de protection lors d’activités à risque de traumatisme facial.

Quand consulter un médecin

Consultez immédiatement si le saignement ne cesse pas après 20 à 30 minutes de compression continue. Consultez aussi en cas de : perte importante de sang, signes d’anémie (fatigue, pâleur, tachycardie), épisodes rapprochés sans cause évidente, ou présence d’autres symptômes inquiétants tels que les signes de perte sanguine importante (pâleur, baisse de la tension, sueurs, abondance du saignement). En outre, prenez rendez-vous rapidement si vous prenez des médicaments qui altèrent la coagulation.

Foire Aux Questions (FAQ)

Les sécrétions nasales sanglantes sont-elles toujours graves ?

Non, elles sont souvent bénignes et liées à la sécheresse ou à un traumatisme mineur.

Que faire immédiatement lorsqu’on a du sang dans le nez ?

Asseyez-vous, penchez la tête en avant et pincez la partie molle du nez pendant 10 à 15 minutes.

Les spasmes nasaux peuvent-ils provoquer des sécrétions sanglantes ?

Parfois, des éternuements ou un frottement intense peuvent fragiliser la muqueuse et provoquer un saignement.

Faut-il arrêter les anticoagulants si on a un saignement nasal ?

Ne modifiez jamais votre traitement sans avis médical ; consultez votre prescripteur.

Les enfants ont-ils un risque particulier ?

Oui, les enfants grattent souvent leur nez et la muqueuse est fragile, ce qui augmente le risque.

Quand une intervention chirurgicale devient-elle nécessaire ?

Une intervention peut être nécessaire en cas de saignement récurrent non contrôlé par des mesures conservatrices et selon l’avis du spécialiste (ORL).

Glossaire des termes clés

  • Muqueuse : Tissu qui tapisse l’intérieur du nez et qui produit du mucus.
  • Mucus : Sécrétion visqueuse qui humidifie et protège les voies respiratoires.
  • Épistaxis : Terme médical pour désigner un saignement nasal.
  • Endoscopie nasale : Examen visuel du nez à l’aide d’un tube optique.
  • Cautérisation : Procédure qui détruit un tissu pour arrêter un saignement.

Sources

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Du sang dans le mucus nasal est le plus souvent bénin, mais lorsqu’il revient souvent ou survient sous traitement, le médecin peut demander des analyses pour vérifier que le sang coagule bien. Les examens utiles ici sont surtout les analyses de coagulation (bilan de coagulation : TP, INR et TCA, qui mesurent la vitesse à laquelle le sang forme un caillot) et la numération formule sanguine ou NFS (qui compte notamment les plaquettes et les globules rouges) ; en cas de saignements répétés, la ferritine (réserves de fer) est parfois ajoutée. AI DiagMe vous aide à comprendre ces résultats dans un langage simple, pour mieux préparer l’échange avec votre médecin — sans poser de diagnostic à sa place.

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