Une douleur au ventre qui s’installe, qui ne passe pas, et une question qui revient : est-ce l’appendicite ? Les symptômes de l’appendicite sont parmi les plus recherchés en France, et pour cause : plus d’une personne sur vingt en fera une au cours de sa vie. Le problème est que le tableau décrit partout — une douleur qui part du nombril et descend en bas à droite — n’apparaît que chez moins de la moitié des malades. Et certaines pages en tête des résultats affirment même que le premier signe serait une douleur dans la cuisse droite, ce qui est faux.
Cet article remet les signes dans leur ordre réel d’apparition, explique pourquoi la douleur ne siège pas toujours au même endroit, fait le point sur les « tests » qui circulent en ligne et sur ce que montre la prise de sang, notamment la protéine C réactive, puis indique clairement quand consulter et quand partir aux urgences.
Les symptômes de l’appendicite, dans l’ordre où ils apparaissent
L’appendicite aiguë est l’inflammation brutale de l’appendice, un petit prolongement d’une dizaine de centimètres accroché au début du gros intestin, en bas à droite du ventre. Le plus souvent, il se bouche — résidu de selles, ganglion qui le comprime — puis s’infecte. Les symptômes suivent cette progression, et c’est leur enchaînement, bien plus que chacun pris isolément, qui oriente le médecin.
Une douleur qui commence souvent ailleurs
Dans la forme classique, la douleur débute de façon vague, autour du nombril ou au creux de l’estomac. Elle est sourde, difficile à montrer du doigt. En quelques heures, elle se déplace puis se fixe en bas à droite, devient continue, et s’aggrave à la marche, à la toux ou quand la voiture passe sur une bosse. Ce déplacement s’explique simplement : au début, seul l’appendice est irrité et le cerveau localise mal la douleur ; ensuite, l’inflammation gagne la paroi interne du ventre, beaucoup plus précise, et la douleur devient nette et localisée.
Ce point corrige une erreur que l’on lit encore en ligne : le premier symptôme n’est pas une douleur de la cuisse droite. Une gêne à la racine de la cuisse peut survenir, mais tardivement, quand un appendice placé derrière le côlon irrite le muscle qui fléchit la hanche.
Ce qui accompagne la douleur
- La perte d’appétit, très fréquente, au point qu’un appétit parfaitement intact est plutôt inhabituel.
- Les nausées, présentes dans environ la moitié des cas, et parfois quelques vomissements. Ils viennent en général après le début de la douleur, et non avant : des vomissements qui précèdent la douleur évoquent plutôt une gastro-entérite.
- Une fièvre modérée, entre 37,5 et 38,5 °C, dans environ six cas sur dix. Une fièvre élevée dès le début est inhabituelle ; elle apparaît plutôt quand une complication s’installe.
- Un transit perturbé : constipation inhabituelle le plus souvent, parfois diarrhée, notamment quand l’appendice est situé bas dans le bassin.
Le tableau « typique » est en réalité minoritaire
Selon le Manuel MSD, moins de 50 % des personnes présentent la séquence complète douleur autour du nombril, nausées, puis douleur fixée en bas à droite. Une revue de médecine d’urgence publiée en 2025 le formule sans détour : aucun symptôme ni aucun signe d’examen, pris seul, ne permet d’écarter le diagnostic. C’est la raison pour laquelle une douleur abdominale qui dure et s’aggrave doit être examinée, même si elle ne ressemble pas aux symptômes de l’appendicite tels qu’on les décrit habituellement.
| Moment | Ce que l’on ressent | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Premières heures | Gêne diffuse autour du nombril ou au creux de l’estomac, perte d’appétit | L’appendice commence à s’enflammer ; la douleur est encore mal localisée |
| Quelques heures plus tard | Nausées, douleur qui descend et se fixe en bas à droite | L’inflammation atteint la paroi du ventre : c’est le moment de consulter |
| Au cours des 24 premières heures | Douleur continue, aggravée par la marche et la toux, fièvre modérée | Tableau d’appendicite constituée |
| Sans traitement | Fièvre qui grimpe, douleur qui s’étend à tout le ventre, ventre dur | Signes possibles d’abcès ou de péritonite : urgence absolue |
Où a-t-on mal ? Le point de McBurney et ses exceptions
En bas à droite, dans la grande majorité des cas
La douleur typique se situe en bas à droite du ventre, dans ce que les médecins appellent la fosse iliaque droite. Le repère classique est le point de McBurney : tracez une ligne entre le nombril et la petite bosse osseuse de la hanche droite, à l’avant du bassin ; le point se trouve à environ un tiers de cette ligne en partant de la hanche. C’est là que l’appui du médecin réveille le plus souvent la douleur.
À la question « appendicite, quel côté ? », la réponse est donc le côté droit, presque toujours. Une appendicite douloureuse à gauche est exceptionnelle : elle suppose un appendice très long qui traverse le ventre, ou une inversion des organes présente depuis la naissance. Une douleur franche en bas à gauche oriente d’abord vers d’autres causes, notamment intestinales ou urinaires.
Quand l’appendice n’est pas à sa place habituelle
L’appendice est un organe mobile, et sa position varie d’une personne à l’autre. Le service de chirurgie digestive de l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP) rappelle qu’il se trouve derrière le cæcum, le début du côlon, dans environ 65 % des cas. Cette variabilité explique à elle seule une bonne partie des diagnostics difficiles.
| Position de l’appendice | Où se loge la douleur | Ce qui peut tromper |
|---|---|---|
| Classique, en avant | Point de McBurney, en bas à droite | Peu de pièges : c’est la forme décrite partout |
| Derrière le côlon (rétro-cæcale) | Flanc droit, parfois le bas du dos | Ventre peu sensible à l’appui ; douleur quand on lève la jambe droite tendue ; peut évoquer un problème de rein |
| Dans le bassin (pelvienne) | Très bas, près du pubis | Envies d’uriner, brûlures, diarrhée : peut faire croire à une cystite ou à un problème gynécologique |
| Haute, sous le foie | En haut à droite, sous les côtes | Évoque la vésicule biliaire ; c’est la situation habituelle en fin de grossesse |
Les tests « maison » : ce qu’ils valent vraiment
Sauter sur place, tousser, descendre d’un tabouret, appuyer sur son ventre : de nombreux « tests de l’appendicite » circulent en ligne. Certains reposent sur une vraie logique médicale, mais aucun ne permet de faire le diagnostic seul, et surtout aucun ne permet de l’écarter avec certitude.
Appuyer, puis relâcher
Oui, l’appendicite fait mal quand on appuie en bas à droite. Mais le signe le plus évocateur pour le médecin est ailleurs : la douleur qui augmente au moment où il relâche brusquement la pression, appelée signe de Blumberg, traduit une irritation de la paroi interne du ventre. Un autre signe classique consiste à appuyer en bas à gauche : si la douleur se réveille à droite, l’appendice est suspect. Ces gestes demandent de l’expérience ; pratiqués sur soi-même, ils rassurent ou inquiètent à tort. Un ventre qui se contracte tout seul sous la main, dur comme une planche, est en revanche un signal d’alarme qui ne demande aucune interprétation.
Tousser, sauter, passer sur un dos-d’âne
Ces manœuvres font toutes la même chose : elles secouent un ventre dont la paroi est enflammée. La plus étudiée est aussi la plus surprenante. Une équipe d’Oxford a demandé à des patients adressés pour suspicion d’appendicite si le trajet en voiture jusqu’à l’hôpital avait été douloureux au passage des ralentisseurs. Sur 34 appendicites confirmées, 33 avaient eu mal : une sensibilité de 97 %. Mais beaucoup de personnes sans appendicite avaient aussi mal, ce qui donne une spécificité de seulement 30 %. Une méta-analyse de quatre études, publiée en 2022 sur 343 patients, confirme ce profil : sensibilité de 94 %, spécificité de 49 %.
Traduit en pratique : si les dos-d’âne ne réveillent aucune douleur, une appendicite devient moins probable ; s’ils font mal, cela ne prouve rien, car toute inflammation du ventre produit le même effet. C’est un argument parmi d’autres, utile à rapporter au médecin, jamais une conclusion.
Pourquoi aucun test ne suffit à vous rassurer
Le diagnostic repose sur une combinaison : l’histoire de la douleur, l’examen du ventre, la prise de sang et, très souvent, une imagerie. Les médecins utilisent pour cela des scores qui additionnent des points — douleur qui a migré, perte d’appétit, fièvre, sensibilité à la décompression, globules blancs, protéine C réactive. Les plus utilisés sont le score d’Alvarado et le score AIR. Un score bas permet parfois d’éviter des examens inutiles ; un score intermédiaire impose une imagerie ; un score élevé conduit vers le chirurgien. Aucun test réalisé à la maison n’en reproduit l’ensemble.
Enfant, personne âgée, femme enceinte : des formes trompeuses
L’appendicite peut survenir à tout âge, mais elle touche surtout les jeunes : l’Assurance Maladie décrit deux pics, entre 10 et 14 ans et entre 25 et 34 ans. C’est pourtant aux deux extrémités de la vie, et pendant la grossesse, que les symptômes de l’appendicite sont les plus trompeurs.
Chez le jeune enfant
Avant 3 ans, l’enfant ne sait pas montrer où il a mal. Ce sont alors l’agitation, les troubles du sommeil, une diarrhée et une fièvre parfois élevée qui dominent, plus qu’une douleur localisée. Chez l’enfant plus grand, quelques signes doivent alerter : il marche penché en avant, refuse de sauter ou de courir, se tient la hanche droite repliée. Une douleur abdominale qui l’empêche de jouer mérite toujours un avis médical rapide.
Après 65 ans
Chez la personne âgée, la douleur est souvent moins intense, la fièvre discrète ou absente, et le ventre moins sensible à l’examen. Ce tableau atténué retarde le diagnostic, alors que l’inflammation évolue aussi vite qu’à 20 ans. Une douleur abdominale inhabituelle qui dure chez un parent âgé doit faire consulter, même si elle paraît supportable.
Pendant la grossesse
À partir du deuxième trimestre, l’utérus repousse l’appendice vers le haut. La douleur peut alors siéger sur le flanc droit, voire sous les côtes, et se confondre avec un problème de vésicule ou de rein. Les nausées et une légère hausse des globules blancs, fréquentes pendant la grossesse, brouillent encore les pistes. L’échographie est l’examen de première intention, complétée si besoin par une IRM, qui n’expose pas le bébé aux rayons. L’appendicite reste l’urgence chirurgicale non obstétricale la plus fréquente de la grossesse : une douleur à droite qui ne cède pas doit être signalée sans attendre.
Ce que montrent la prise de sang et les examens
Aux urgences, une prise de sang et une analyse d’urine sont réalisées presque systématiquement. Elles ne posent pas le diagnostic à elles seules, mais elles pèsent lourd dans la décision, surtout quand l’examen du ventre est douteux.
| Examen | Ce qu’il recherche | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Numération formule sanguine | Une hausse des globules blancs | Fréquente, mais peut manquer au tout début |
| Polynucléaires neutrophiles | La part des globules blancs qui combattent l’infection | Leur proportion élevée renforce la suspicion |
| Protéine C réactive (CRP) | L’intensité de l’inflammation | Monte avec quelques heures de retard ; nettement plus élevée dans les formes compliquées |
| Bandelette urinaire ou ECBU | Une infection urinaire qui imiterait l’appendicite | Un appendice proche de la vessie peut faire apparaître des globules blancs dans l’urine |
| Dosage de bêta-hCG | Une grossesse, notamment extra-utérine | Systématique chez toute femme en âge d’avoir des enfants |
| Échographie | Un appendice épaissi et inflammatoire | Examen de première intention, sans rayons ; idéale chez l’enfant et la femme enceinte |
| Scanner ou IRM | Confirmer en cas de doute, rechercher une complication | Réservés aux situations incertaines ou compliquées |
Un enseignement mérite d’être retenu, car il est souvent mal compris. Pris isolément, aucun de ces chiffres ne tranche. En revanche, la revue de médecine d’urgence de 2025 citée plus haut souligne que des globules blancs, des neutrophiles et une CRP tous normaux rendent l’appendicite moins probable. À l’inverse, une CRP élevée associée à des globules blancs nombreux renforce fortement la suspicion, et une CRP très haute fait craindre une forme compliquée. La nuance tient au moment du prélèvement : dans les toutes premières heures, une appendicite débutante peut encore afficher un bilan presque normal. C’est pourquoi les médecins répètent parfois la prise de sang quelques heures plus tard plutôt que de conclure trop vite.
Le piège urinaire mérite aussi d’être connu. Trouver des globules blancs dans les urines oriente d’abord vers une infection urinaire, mais un appendice enflammé situé au contact de la vessie peut produire exactement le même résultat. Une bandelette « positive » n’écarte donc pas l’appendicite si la douleur est à droite et s’aggrave.
Quand consulter, quand aller aux urgences
L’appendicite est une urgence, mais une urgence qui se mesure en heures, pas en minutes. Face aux symptômes de l’appendicite, une douleur en bas à droite qui persiste et s’intensifie depuis quelques heures justifie une consultation le jour même. Certains signes, eux, imposent d’appeler le 15 ou de se rendre directement aux urgences.
Les signes qui ne doivent pas attendre
- Une douleur intense en bas à droite qui ne cède pas et s’aggrave depuis plusieurs heures.
- Une fièvre qui dépasse 38,5 °C ou des frissons.
- Des vomissements répétés, qui empêchent de boire.
- Une douleur qui s’étend à tout le ventre, ou un ventre dur et contracté.
- Un soulagement brutal suivi d’une aggravation : ce faux répit peut correspondre à la rupture de l’appendice.
- Chez l’enfant, la personne âgée ou la femme enceinte : toute douleur abdominale inhabituelle qui dure.
Ces signes font craindre un abcès ou un appendice perforé, avec une infection qui gagne le péritoine, la membrane qui tapisse l’intérieur du ventre. La péritonite se traduit par une douleur diffuse, un ventre dur comme du bois, une fièvre élevée et un état général qui se dégrade rapidement.
Ce qu’il vaut mieux faire en attendant
- Ne pas manger ni boire, au cas où une intervention sous anesthésie serait nécessaire.
- Ne pas prendre de laxatif ni faire de lavement pour soulager une constipation associée.
- Éviter les anti-inflammatoires en automédication, et signaler tout médicament pris aux soignants.
- Noter l’heure de début de la douleur et l’ordre d’apparition des symptômes : ces informations comptent beaucoup pour le médecin.
Ce qui peut ressembler à une appendicite
« Comment être sûr que ce n’est pas l’appendicite ? » est l’une des questions les plus posées. La réponse honnête est qu’on ne peut pas en être sûr seul. Plusieurs maladies reproduisent les symptômes de l’appendicite, mais certains indices orientent ailleurs.
- La gastro-entérite : vomissements et diarrhée avant ou en même temps que la douleur, crampes diffuses, souvent plusieurs personnes malades dans l’entourage.
- La colique néphrétique : douleur très violente, par vagues, qui part du dos et descend vers l’aine, avec une agitation qui empêche de rester immobile.
- L’infection urinaire : brûlures en urinant, envies fréquentes, douleur plutôt au-dessus du pubis.
- Un problème gynécologique : torsion ou rupture d’un kyste de l’ovaire, grossesse extra-utérine, infection des trompes, à évoquer chez toute femme jeune.
- L’adénolymphite mésentérique, chez l’enfant : des ganglions enflammés du ventre, souvent après une rhinopharyngite, qui imitent parfaitement l’appendicite.
- La constipation et les coliques : douleur variable, soulagée par l’émission de gaz ou de selles.
- Une poussée de maladie de Crohn, qui touche volontiers la fin de l’intestin grêle, juste à côté de l’appendice.
Le traitement aujourd’hui : chirurgie ou antibiotiques ?
Le traitement de référence reste l’appendicectomie, le plus souvent par cœlioscopie : quelques petites incisions et une caméra, avec une sortie possible le jour même ou le lendemain. Pour une forme simple, l’intervention peut être programmée dans les 24 heures sans augmenter les risques, ce qui permet d’opérer dans de bonnes conditions plutôt qu’en pleine nuit.
Depuis une dizaine d’années, un traitement par antibiotiques seuls est étudié pour les appendicites non compliquées, confirmées par l’imagerie. Il évite l’opération chez environ deux patients sur trois la première année, mais une partie des personnes traitées ainsi finissent opérées, en particulier quand l’appendice contient un petit calcul, appelé stercolithe. En France, l’Assurance Maladie présente cette option comme une alternative réservée à des situations particulières, à discuter avec le chirurgien.
Dernières avancées scientifiques
Ces travaux publiés depuis 2024 précisent surtout deux points : la place exacte des antibiotiques, et la manière d’interpréter les examens. Les références complètes figurent en fin d’article.
De nouvelles recommandations internationales. La Société mondiale de chirurgie d’urgence a publié en 2026 dans JAMA Surgery la mise à jour 2025 de ses recommandations, fondée sur la littérature disponible jusqu’en mai 2025. Elle retient 35 recommandations : les scores cliniques et l’imagerie réduisent les opérations inutiles, l’appendicectomie d’une forme simple peut être différée dans les 24 heures sans sur-risque, la cœlioscopie reste la technique standard, et le traitement antibiotique seul est sûr chez des patients sélectionnés. Ce que ça change pour vous : un délai de quelques heures avant l’opération n’est pas une perte de chance quand la forme est simple.
Antibiotiques seuls : deux opérés sur trois évités, un sur trois non. Une revue Cochrane de 2024, portant sur 13 essais randomisés et plus de 3 300 participants, estime que 30,7 % des patients traités par antibiotiques ont dû être opérés dans l’année, avec en contrepartie moins d’infections de la cicatrice. Une méta-analyse de 2026 sur sept essais et 3 164 adultes chiffre la réussite à un an à 73,8 % sous antibiotiques contre 98,1 % après chirurgie, et montre que l’échec peut atteindre 46 % en présence d’un stercolithe. Ce que ça change pour vous : l’option existe, mais elle se discute au cas par cas, imagerie à l’appui.
Chez l’enfant, la CRP plus utile que l’analyse d’urine. Une étude turque de 2026, dans l’European Journal of Pediatrics, a suivi 156 enfants opérés pour suspicion d’appendicite. Le nombre de globules blancs dans les urines était plus élevé dans les formes compliquées, mais il ne détectait que 45 % d’entre elles ; seule la CRP restait un indicateur indépendant de gravité. Ce que ça change pour vous : une analyse d’urine anormale ne suffit ni à affirmer ni à écarter une appendicite chez l’enfant.
Et la suite. Une méta-analyse pédiatrique de 2025 conclut que les antibiotiques seuls sont sûrs chez l’enfant sans stercolithe, au prix d’une hospitalisation un peu plus longue. En Finlande, l’essai APPAC IV, dont le protocole a été publié fin 2024, compare même un antibiotique oral à un placebo, en ambulatoire, pour savoir si certaines appendicites simples peuvent guérir sans antibiotique.
Questions fréquentes
Comment savoir si on a l’appendicite ?
Seul un médecin peut le dire, mais plusieurs symptômes de l’appendicite réunis doivent faire consulter : une douleur qui a commencé autour du nombril puis s’est fixée en bas à droite, une perte d’appétit, des nausées, une petite fièvre, et une douleur qui augmente quand on marche, tousse ou passe sur une bosse en voiture. Plus ces signes s’additionnent et plus la douleur s’aggrave au fil des heures, plus l’appendicite est probable. Le diagnostic se confirme ensuite par l’examen, la prise de sang et souvent une échographie.
Quels sont les symptômes d’une péritonite ?
La péritonite est l’infection de la membrane qui tapisse l’intérieur du ventre, le plus souvent après la rupture de l’appendice. Elle se traduit par une douleur qui s’étend à tout l’abdomen, un ventre dur et contracté que l’on ne peut pas toucher, une fièvre élevée, des vomissements, un pouls rapide et une sensation de malaise général. C’est une urgence vitale : il faut appeler le 15 sans attendre.
Quand aller aux urgences pour une appendicite ?
Dès qu’une douleur en bas à droite persiste et s’aggrave depuis plusieurs heures, surtout si elle s’accompagne de fièvre, de vomissements ou d’une perte d’appétit. Il faut partir sans délai, ou appeler le 15, si la fièvre dépasse 38,5 °C, si le ventre devient dur, si la douleur gagne tout l’abdomen, ou s’il s’agit d’un jeune enfant, d’une personne âgée ou d’une femme enceinte. Mieux vaut un aller-retour inutile aux urgences qu’un appendice perforé.
Est-ce que l’appendicite fait mal quand on appuie ?
Oui, l’appui en bas à droite est généralement douloureux. Le signe le plus parlant pour le médecin est toutefois la douleur qui augmente quand il relâche brusquement la pression, ou celle qui se réveille à droite quand il appuie à gauche. Attention : quand l’appendice est situé derrière le côlon, le ventre peut rester peu sensible à l’appui malgré une vraie appendicite. Une absence de douleur à la pression ne suffit donc pas à se rassurer.
Quel est le test pour savoir si on a une appendicite ?
Il n’existe pas de test unique. Le diagnostic associe l’examen du ventre, une prise de sang — globules blancs et CRP —, une analyse d’urine pour écarter une infection urinaire, un test de grossesse chez la femme jeune et, le plus souvent, une échographie, parfois un scanner. Les médecins combinent ces éléments dans des scores, comme le score d’Alvarado ou le score AIR. Les tests « maison » comme sauter sur place ou observer la douleur sur les dos-d’âne donnent des indices, jamais une réponse.
Comment être sûr que ce n’est pas l’appendicite ?
Seul, on ne peut pas l’être. Certains éléments rendent toutefois l’appendicite moins probable : une douleur qui ne s’aggrave pas et disparaît en quelques heures, un appétit conservé, des vomissements et une diarrhée apparus avant la douleur, une absence de douleur au passage des ralentisseurs. Et, une fois au cabinet ou aux urgences, des globules blancs, des neutrophiles et une CRP normaux. En cas de doute, une nouvelle évaluation quelques heures plus tard reste la meilleure façon de trancher.
Glossaire
- Appendice : petit prolongement en forme de doigt, d’une dizaine de centimètres, accroché au début du gros intestin.
- Appendicectomie : ablation chirurgicale de l’appendice, le plus souvent par cœlioscopie.
- Cæcum : première portion du gros intestin, en bas à droite du ventre, sur laquelle s’insère l’appendice.
- Cœlioscopie : technique opératoire par quelques petites incisions, à l’aide d’une caméra.
- Fosse iliaque droite : région du bas du ventre, à droite, où siège la douleur typique.
- Point de McBurney : repère situé au tiers externe de la ligne qui relie le nombril à l’os de la hanche droite.
- Signe de Blumberg : douleur qui augmente quand le médecin relâche brusquement la pression sur le ventre.
- Stercolithe : petit calcul de matières qui bouche l’appendice et réduit l’efficacité des antibiotiques seuls.
- Péritonite : infection de la membrane qui tapisse l’intérieur du ventre, complication grave d’un appendice rompu.
- CRP (protéine C réactive) : protéine du sang qui augmente en cas d’inflammation ou d’infection.
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Sources
- Assurance Maladie. L’appendicite aiguë : symptômes, diagnostic et évolution. Mise à jour du 18 juin 2024. ameli.fr
- Assurance Maladie. Définition et fréquence de l’appendicite aiguë. Mise à jour du 18 juin 2024. ameli.fr
- Assurance Maladie. Le traitement de l’appendicite. ameli.fr
- AP-HP, service de chirurgie générale et digestive de l’hôpital Saint-Antoine. Symptômes de l’appendicite. aphp.fr
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