Hémorroïdes : symptômes, causes et traitements efficaces

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Hémorroïdes avec leurs causes, leurs symptômes, leurs traitements et leur prévention

⚕️ Cet article est à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin pour interpréter vos résultats.

Les hémorroïdes touchent environ un tiers des adultes au moins une fois dans leur vie, le plus souvent entre 40 et 65 ans. Ce réseau de vaisseaux, normalement présent dans le canal anal, devient pathologique lorsqu’il s’enflamme ou se dilate, provoquant douleur, saignement ou gêne. Bien que le sujet reste parfois délicat à évoquer, la maladie hémorroïdaire est fréquente, généralement bénigne, et se soulage efficacement dans la grande majorité des cas grâce à des mesures simples ou, si besoin, à des traitements médicaux adaptés.

Qu’est-ce que les hémorroïdes : définition et types

Les hémorroïdes sont des coussinets vasculaires normalement présents dans le canal anal, composés de vaisseaux sanguins, de tissu conjonctif et de fibres musculaires. Ils participent à la continence fine des selles en aidant à sceller l’anus. On ne parle de maladie hémorroïdaire que lorsque ces structures deviennent enflées, enflammées ou déplacées, de façon interne ou externe.

Il existe deux réseaux distincts. Les hémorroïdes internes se situent plus profondément, sous la muqueuse du canal anal ; elles causent surtout des saignements indolores et peuvent prolapser. Les hémorroïdes externes se trouvent sous la peau, à l’entrée de l’anus ; elles sont davantage sources de douleur, de démangeaisons ou de gonflement, en particulier lors d’une thrombose.

Causes et facteurs favorisants des hémorroïdes

La maladie hémorroïdaire résulte le plus souvent d’une pression accrue et prolongée dans les veines rectales et anales. Plusieurs facteurs augmentent le risque de crise ou aggravent des symptômes déjà présents chez les personnes sensibles.

  • Constipation ou diarrhée chroniques : les efforts de poussée répétés ou l’irritation liée au transit augmentent la pression locale sur les tissus anaux. Une consistance des selles trop dure ou trop molle de façon durable mérite d’ailleurs d’être surveillée.
  • Grossesse et accouchement : environ un tiers des femmes enceintes souffrent d’hémorroïdes, surtout en fin de grossesse, en raison de la compression exercée par l’utérus, des changements hormonaux et de la constipation associée.
  • Vieillissement : les tissus de soutien des veines anales s’affaiblissent progressivement avec l’âge, ce qui favorise le prolapsus.
  • Sédentarité ou station assise prolongée : une position statique prolongée, y compris sur les toilettes, favorise la stase veineuse locale.
  • Alimentation pauvre en fibres : elle contribue directement à la constipation et aux selles dures.
  • Surpoids et obésité : le poids supplémentaire exerce une pression mécanique accrue sur la région anale.
  • Certains sports ou activités : le cyclisme, l’équitation ou le port répété de charges lourdes peuvent également jouer un rôle favorisant.

Symptômes et signes de la maladie hémorroïdaire

Les symptômes varient selon le type d’hémorroïdes en cause et leur sévérité. Les hémorroïdes internes provoquent le plus souvent des saignements indolores : du sang rouge vif apparaît sur le papier toilette ou dans la cuvette après la selle. Ce saignement est intermittent et cesse généralement à la fermeture de l’anus après la défécation. La couleur des selles et du sang observé aide d’ailleurs à orienter la cause probable, même si seul un examen médical confirme réellement l’origine.

Un prolapsus peut également survenir : les hémorroïdes internes s’extériorisent alors par l’anus, se réduisant spontanément ou nécessitant une réintégration manuelle par la personne. Les hémorroïdes externes provoquent davantage de douleur, associée parfois à des démangeaisons, une sensation de brûlure ou un gonflement visible. En cas de thrombose — la formation d’un caillot sanguin à l’intérieur de l’hémorroïde — la douleur devient intense, aiguë et soudaine, avec une tuméfaction bleutée à l’entrée de l’anus. Ce caillot ne migre pas dans la circulation générale : il n’existe donc pas de risque d’embolie associé.

Grades de sévérité des hémorroïdes internes

Les hémorroïdes internes sont classées en quatre grades selon l’importance du prolapsus observé, ce qui aide concrètement à orienter le choix du traitement le plus adapté.

GradeCaractéristiquesPrise en charge habituelle
Grade IPas de prolapsus, saignements possiblesMesures hygiéno-diététiques, topiques
Grade IIProlapsus à l’effort, réintégration spontanéeMesures hygiéno-diététiques, ligature élastique si besoin
Grade IIIProlapsus nécessitant une réintégration manuelleLigature élastique, sclérothérapie ou chirurgie selon l’échec
Grade IVProlapsus permanent, non réductibleTraitement chirurgical le plus souvent

Diagnostic : comment détecte-t-on les hémorroïdes ?

Le diagnostic repose sur un interrogatoire précis des habitudes intestinales, des douleurs et des saignements, suivi d’un examen visuel de la région anale pour repérer d’éventuelles hémorroïdes externes ou des marisques. Un toucher rectal permet de palper les hémorroïdes internes et d’évaluer la tonicité du sphincter anal. Une anuscopie, réalisée avec un petit endoscope court et rigide, permet ensuite de visualiser directement les hémorroïdes internes ; aucun autre examen complémentaire n’est généralement nécessaire pour poser ce diagnostic.

Un point reste essentiel : l’origine hémorroïdaire d’un saignement ne peut être affirmée qu’après avoir écarté une autre cause digestive, comme une tumeur colorectale, un polype ou une maladie inflammatoire de l’intestin, en particulier par une coloscopie si le contexte clinique le justifie. C’est pourquoi la présence d’hématies dans les selles ou de sang associé à d’autres signes digestifs mérite toujours d’être évaluée par un professionnel, plutôt que d’être attribuée d’emblée aux hémorroïdes.

Traitements des hémorroïdes selon la sévérité

Le traitement dépend directement du grade des hémorroïdes et de la gêne ressentie au quotidien. Dans la majorité des cas, des mesures conservatrices suffisent à soulager durablement la crise.

  • Mesures hygiéno-diététiques : augmenter l’apport en fibres, boire suffisamment d’eau, pratiquer une activité physique régulière et corriger durablement la constipation.
  • Hygiène locale : nettoyer délicatement la région anale à l’eau tiède après chaque selle, plutôt qu’avec du papier toilette sec, et bien sécher la peau.
  • Traitements topiques : crèmes ou suppositoires à visée anesthésiante, décongestionnante ou anti-inflammatoire, utilisés sur de courtes périodes seulement.
  • Veinotoniques oraux : utilisés en cure courte lors de la crise hémorroïdaire, sans intérêt démontré en usage prolongé ou à titre préventif.
  • Procédures instrumentales : proposées pour les hémorroïdes internes qui saignent ou prolapsent malgré le traitement médical bien conduit. La ligature élastique reste la plus utilisée : un petit anneau élastique placé à la base de l’hémorroïde interrompt son apport sanguin, provoquant sa nécrose et son élimination naturelle en quelques jours. La sclérothérapie consiste à injecter une solution qui fait rétracter le tissu hémorroïdaire. La photocoagulation à infrarouge crée, elle, une petite cicatrice grâce à une brûlure contrôlée.
  • Chirurgie : réservée aux formes sévères ou en échec des autres traitements, l’hémorroïdectomie retire l’ensemble des paquets hémorroïdaires. D’autres techniques, comme la ligature des artères hémorroïdaires sous guidage doppler ou la chirurgie mini-invasive par laser, sont un peu moins invasives.

Concernant la thrombose hémorroïdaire externe, un traitement médical associant anti-inflammatoires, antalgiques et régulateurs de transit permet souvent une régression progressive en quelques semaines. Une excision réalisée en consultation, sous anesthésie locale, peut aussi soulager immédiatement la douleur si besoin. Si un traitement antibiotique devient nécessaire pour une infection associée, il faut noter que les antibiotiques peuvent parfois aggraver une constipation déjà présente, ce qui entretient le cercle vicieux de la maladie hémorroïdaire.

Prévention : réduire le risque de récidive

La prévention des hémorroïdes repose essentiellement sur la gestion durable du transit intestinal. Une alimentation riche en fibres — fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses — associée à une hydratation suffisante, au moins 1,5 litre d’eau par jour, aide à maintenir des selles souples et à éviter les efforts de poussée excessifs sur la région anale.

Il est également recommandé d’aller aux toilettes à heure régulière sans forcer, d’éviter de rester assis trop longtemps sur le siège, et de pratiquer une activité physique modérée et régulière. Perdre du poids en cas de surpoids et limiter l’alcool ou les plats très épicés peuvent aussi réduire la fréquence des crises chez les personnes qui y sont sensibles. Un excès durable de graisses dans les selles ou un transit très perturbé méritent par ailleurs un avis médical, car ils peuvent entretenir une irritation locale favorable aux hémorroïdes.

Quand consulter un médecin

Un point mérite une attention toute particulière : différencier un saignement lié aux hémorroïdes d’un saignement provenant d’une autre origine. Consultez systématiquement lors d’un premier épisode de saignement anal, même minime, afin qu’un examen proctologique confirme l’origine hémorroïdaire et écarte une autre cause, comme une fissure anale, un polype ou une maladie inflammatoire de l’intestin. Un mucus dans les selles associé au saignement, tout comme des points noirs dans les selles évoquant un méléna, doit également alerter et faire consulter rapidement.

  • Saignement anal important, répété, ou associé à des selles très noires évoquant un saignement plus haut situé.
  • Douleur anale intense et soudaine, en particulier si elle s’accompagne d’une fièvre supérieure à 38 °C.
  • Impossibilité d’aller à la selle depuis plus de 48 heures, associée à une douleur importante.
  • Prolapsus permanent, qui ne se réintègre plus dans le canal anal malgré les tentatives.
  • Symptômes qui persistent malgré les mesures à domicile ou qui deviennent gênants au quotidien.

Dans ces situations, seul un examen clinique permet d’écarter une cause plus sérieuse et d’orienter avec certitude vers le traitement le plus adapté à la situation.

Dernières avancées scientifiques

Plusieurs travaux récents ont comparé les différentes options de traitement instrumental des hémorroïdes, ce qui aide concrètement à mieux orienter le choix entre les techniques disponibles. Une synthèse de neuf essais randomisés n’a pas montré de différence significative d’efficacité entre la ligature élastique et la coagulation, une technique qui crée une petite cicatrice grâce à la chaleur : les patients traités par ligature rapportaient davantage de douleur après le geste, mais un peu moins de saignement, ce qui peut aider à choisir une méthode selon la tolérance de chacun (Ding et coll., Postgraduate Medical Journal, 2023 — DOI).

Une autre revue systématique a comparé la ligature élastique à la ligature des artères hémorroïdaires, un geste qui réduit l’apport sanguin sans retirer les hémorroïdes, pour les grades II et III. Les deux approches donnaient des résultats comparables à court terme, mais la ligature artérielle semblait associée à un peu moins de récidives à distance, ce qui peut être utile à savoir si l’on cherche avant tout à limiter le risque de refaire un geste plus tard (Abounozha et coll., Cureus, 2025 — DOI).

Enfin, une méta-analyse portant sur la chirurgie a confirmé que l’hémorroïdectomie contrôle un peu mieux les symptômes que la ligature élastique pour les grades II-III, mais au prix de davantage de douleur post-opératoire et de complications ; la ligature restait mieux tolérée dans l’immédiat, avec une reprise du travail plus rapide (Dekker et coll., Techniques in Coloproctology, 2021 — DOI). Ces données confirment surtout qu’il n’existe pas une seule « meilleure » technique dans l’absolu : le choix dépend du grade, de la tolérance individuelle à la douleur et des préférences discutées avec le médecin traitant.

Glossaire des termes clés

  • Hémorroïdes internes : réseau vasculaire situé sous la muqueuse du canal anal, responsable surtout de saignements indolores.
  • Hémorroïdes externes : réseau vasculaire situé sous la peau à l’entrée de l’anus, source de douleur et de gonflement.
  • Prolapsus (ou procidence) : extériorisation des hémorroïdes internes par l’orifice de l’anus.
  • Thrombose hémorroïdaire : formation d’un caillot sanguin à l’intérieur d’une hémorroïde, provoquant une douleur intense.
  • Rectorragie : émission de sang rouge par l’anus, le plus souvent lors ou après la selle.
  • Ligature élastique : pose d’un anneau élastique à la base d’une hémorroïde interne pour interrompre son apport sanguin.
  • Sclérothérapie : injection d’une solution qui fait rétracter le tissu hémorroïdaire.
  • Hémorroïdectomie : ablation chirurgicale complète des paquets hémorroïdaires.
  • Veinotonique : médicament oral utilisé en cure courte pour soulager une crise hémorroïdaire.
  • Anuscopie : examen visuel du canal anal à l’aide d’un petit endoscope rigide.

Foire aux questions (FAQ)

Les hémorroïdes sont-elles courantes ?

Oui. Environ un tiers des adultes ont souffert d’hémorroïdes au moins une fois dans leur vie, surtout entre 40 et 65 ans. Les plaintes touchent aussi bien les hommes que les femmes, sans distinction marquée.

Les hémorroïdes peuvent-elles provoquer des gaz ou des ballonnements ?

Les hémorroïdes elles-mêmes ne provoquent pas directement de gaz. En revanche, la constipation ou le transit irrégulier qui favorisent souvent la crise hémorroïdaire peuvent aussi s’accompagner de ballonnements. Si ces symptômes digestifs persistent, un avis médical permet de faire la part des choses entre les deux phénomènes.

Quand faut-il consulter un médecin pour des hémorroïdes ?

Consultez dès le premier épisode de saignement anal, en cas de douleur intense ou soudaine, si les symptômes ne s’améliorent pas avec les mesures à domicile, ou en cas de prolapsus permanent. Un professionnel de santé confirmera l’origine hémorroïdaire et écartera toute autre cause plus sérieuse.

Peut-on guérir complètement des hémorroïdes ?

Dans de nombreux cas, les symptômes s’améliorent nettement avec des changements de mode de vie ou un traitement ciblé et bien suivi. Les procédures instrumentales et la chirurgie offrent des solutions durables pour les cas persistants, bien que la récidive reste toujours possible si les facteurs de risque perdurent dans le temps.

Y a-t-il un lien entre l’alimentation et les hémorroïdes ?

Oui, un lien réel existe. Une alimentation pauvre en fibres et en eau favorise la constipation, qui reste un facteur de risque majeur de la maladie hémorroïdaire. À l’inverse, une alimentation riche en fibres aide activement à prévenir les crises et leur récidive.

Les hémorroïdes peuvent-elles revenir après un traitement ?

Oui, la récidive reste possible si les facteurs de risque comme la constipation persistent dans le temps. Maintenir une bonne hygiène de vie après un traitement, qu’il soit médical, instrumental ou chirurgical, reste essentiel pour limiter durablement ce risque de retour des symptômes.

Sources

  • Assurance Maladie (Ameli.fr) — Hémorroïdes : définition, facteurs favorisants et symptômes
  • Assurance Maladie (Ameli.fr) — Hémorroïdes : consultation et traitement
  • Assurance Maladie (Ameli.fr) — Hémorroïdes : que faire et quand consulter ?
  • Ding Z. et coll., « Rubber band ligation versus coagulation for the treatment of haemorrhoids: a meta-analysis of randomised controlled trials », Postgraduate Medical Journal, 2023 — DOI
  • Abounozha S. et coll., « Hemorrhoidal Artery Ligation (HAL) vs. Rubber Band Ligation (RBL) for Second- and Third-Degree Hemorrhoids: A Systematic Review and Meta-Analysis », Cureus, 2025 — DOI
  • Dekker L. et coll., « Rubber band ligation versus haemorrhoidectomy for the treatment of grade II-III haemorrhoids: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials », Techniques in Coloproctology, 2021 — DOI

Autres articles pour aller plus loin

Un saignement qui se répète, même modéré, mérite d’être surveillé de près, car une perte de sang répétée peut parfois entraîner une anémie sans que cela soit toujours évident au quotidien. Vérifier une numération formule sanguine (NFS) permet d’écarter cette possibilité et de rassurer, ou au contraire d’orienter plus rapidement vers une consultation adaptée à la situation.

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  • Dr. Claude Tchonko, médecin du comité scientifique d'AI DiagMe

    Dr Claude Tchonko est hématologue, en exercice depuis 2013, exerçant actuellement à la Clinique Mas de Rochet (Castelnau-le-Lez). Fort d'un parcours international, il est spécialisé dans la prise en charge des hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes), avec une expertise particulière dans les traitements par autogreffe de cellules souches, la thérapie CAR-T et l'optimisation des parcours de soins en onco-hématologie.

    Auteur d'un ouvrage de référence, « Les hémopathies lymphoïdes au Mali », il combine pratique clinique et participation active à des projets de développement de solutions technologiques en santé.

    Titulaire d'un Doctorat d'État en Médecine (Faculté de Médecine de Bamako, 2006), il a complété sa formation par un Certificat d'Études Spécialisées en Hématologie Bioclinique (Abidjan-Cocody, 2010) et plusieurs diplômes universitaires : DFMS d'Hématologie et DIU de Cytogénétique Onco-hématologique (Grenoble), ainsi qu'un DU sur le syndrome drépanocytaire majeur (UPEC).

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