Hématies dans les selles : comprendre les causes et risques

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Les hématies dans les selles correspondent à la présence de globules rouges dans les matières fécales. En pratique, ce n’est pas normal et cela peut traduire un saignement du tube digestif, parfois bénin, parfois plus sérieux. Selon le Manuel MSD et les recommandations gastro-entérologiques, la couleur du sang, sa quantité et les symptômes associés aident à orienter la cause, mais seul un examen médical peut confirmer l’origine. Dans tous les cas, la priorité est d’identifier rapidement s’il s’agit d’une irritation locale, d’hémorroïdes, d’une fissure anale, d’une infection, d’une inflammation intestinale ou d’un saignement plus haut situé.

Que signifie la présence d’hématies dans les selles ?

Les hématies sont les globules rouges du sang. Lorsqu’on en retrouve dans les selles, cela signifie qu’il y a eu un saignement quelque part dans le tube digestif, de l’œsophage jusqu’à l’anus. Le sang peut être visible à l’œil nu, par exemple rouge vif sur le papier ou dans la cuvette, ou au contraire être très discret et détecté seulement par un test de recherche de sang occulte dans les selles.

Il faut distinguer deux situations. Si le sang est visible, on parle de rectorragies lorsque le sang rouge provient de la partie basse du tube digestif. Si le sang n’est pas visible, des examens de laboratoire peuvent le détecter. D’après les sources gastro-entérologiques de référence, l’aspect des selles, la présence de douleurs, de diarrhée, de fièvre ou de perte de poids aident à estimer l’urgence, mais ne remplacent jamais un avis médical.

Hématies dans les selles : comprendre les causes et risques

La cause la plus fréquente dépend de l’âge, des symptômes et de l’aspect du sang. Chez beaucoup d’adultes, un petit saignement rouge vif est lié à des hémorroïdes (veines dilatées de la zone anale) ou à une fissure anale (petite déchirure douloureuse de l’anus). Le Manuel MSD précise que ces causes sont souvent associées à une douleur à la selle, à des démangeaisons ou à du sang sur le papier toilette.

D’autres causes existent. Une infection digestive peut provoquer des selles sanglantes, surtout si elles s’accompagnent de diarrhée, de fièvre ou de crampes abdominales. Une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, comme la rectocolite hémorragique ou la maladie de Crohn, peut aussi donner du sang dans les selles. Dans certains cas, un polype, un diverticule, un ulcère ou une tumeur peuvent être en cause. Les recommandations de gastro-entérologie et les données de la littérature insistent sur le fait qu’un saignement digestif ne doit pas être attribué automatiquement aux hémorroïdes sans évaluation, surtout après 50 ans ou si les symptômes changent.

Comment reconnaître l’origine probable du saignement ?

L’aspect du sang donne parfois un indice, sans permettre à lui seul d’établir un diagnostic. Un sang rouge vif suggère souvent une origine basse, près de l’anus ou du rectum. Un sang plus foncé, marron ou noir peut évoquer un saignement plus haut dans le tube digestif, car le sang a eu le temps d’être digéré. Les selles noires et malodorantes, appelées méléna, nécessitent une évaluation médicale rapide selon les références hospitalières et le Manuel MSD.

La douleur est un autre repère. Une douleur vive pendant ou après la selle fait penser à une fissure anale. Un saignement sans douleur peut orienter vers des hémorroïdes, mais aussi vers d’autres causes à explorer. La présence de diarrhée, de mucus, de fièvre ou d’une douleur abdominale diffuse oriente davantage vers une infection ou une inflammation intestinale. Enfin, un saignement répété, même modéré, peut entraîner une anémie (baisse du taux d’hémoglobine), avec fatigue, essoufflement ou pâleur.

Quand les hématies dans les selles peuvent-elles être un signe de gravité ?

Le risque principal est de passer à côté d’un saignement digestif significatif ou d’une maladie sous-jacente qui nécessite un traitement. Le danger augmente si le saignement est abondant, se répète ou s’accompagne de symptômes généraux. Les sources médicales de référence signalent qu’une perte de sang importante peut provoquer une chute de tension, des vertiges, une accélération du pouls ou une faiblesse marquée.

Il faut aussi être vigilant si le saignement survient chez une personne âgée, chez une personne qui prend des anticoagulants (médicaments qui fluidifient le sang), des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou si l’on observe une perte de poids inexpliquée, un changement récent du transit ou une douleur abdominale persistante. Dans ces situations, le médecin cherchera non seulement la source du sang, mais aussi une cause potentiellement sérieuse.

Examens utiles pour comprendre la cause

Le médecin commence généralement par interroger le patient sur la couleur du sang, la fréquence des épisodes, la douleur, la constipation, la diarrhée, les médicaments pris et les antécédents familiaux. Il réalise ensuite un examen clinique, parfois complété par un examen de la région anale et un toucher rectal si nécessaire.

Selon le contexte, des examens complémentaires peuvent être proposés. Une prise de sang permet de rechercher une anémie ou un signe d’inflammation. Un test de recherche de sang occulte dans les selles peut être utile quand le saignement n’est pas visible. Une coloscopie, c’est-à-dire l’exploration du côlon à l’aide d’une caméra souple, peut être recommandée si le médecin suspecte une cause du côlon ou du rectum. Dans certains cas, il peut demander une analyse des selles à la recherche d’une infection. D’après les recommandations de pratique clinique, le choix des examens dépend surtout de l’âge, de l’intensité du saignement et des signes associés.

Traitements possibles selon la cause

Le traitement dépend entièrement de l’origine du saignement. Si la cause est une fissure anale ou des hémorroïdes, le médecin peut recommander de traiter la constipation, d’augmenter les fibres, de boire suffisamment et d’utiliser des soins locaux adaptés. Si une infection est en cause, le traitement dépend du germe identifié et de la gravité des symptômes. Dans certains cas, une simple surveillance suffit, tandis que dans d’autres, un traitement spécifique est nécessaire.

Si le saignement est lié à une maladie inflammatoire intestinale, la prise en charge repose sur des médicaments anti-inflammatoires ou immunomodulateurs prescrits par un spécialiste. Si un polype, un ulcère ou une lésion plus importante est découvert, le traitement peut aller d’un geste endoscopique à une prise en charge chirurgicale ou oncologique. Les données du manuel MSD et des sociétés savantes rappellent qu’il ne faut pas s’auto-traiter durablement sans diagnostic, car le soulagement des symptômes ne traite pas toujours la cause.

Que peut faire le patient en attendant la consultation ?

En attendant un avis médical, il est utile de noter plusieurs éléments : la couleur du sang, la quantité, la fréquence, la présence de douleur, de fièvre, de diarrhée, de constipation ou de fatigue. Si possible, il faut aussi lister les médicaments pris récemment, en particulier les anticoagulants, l’aspirine et les anti-inflammatoires.

Il est généralement préférable d’éviter de prendre des médicaments sans avis si le saignement est récent ou répété. Une bonne hydratation et une alimentation favorisant des selles souples peuvent aider si la constipation semble participer au problème, mais cela ne remplace pas l’évaluation médicale. Si le saignement est abondant, si la personne se sent faible ou si elle présente des vertiges, il faut consulter sans attendre.

Prévention et réduction du risque de récidive

La prévention dépend de la cause, mais certaines mesures aident souvent à réduire les irritations anales et la constipation. Une alimentation riche en fibres, une hydratation suffisante et une activité physique régulière peuvent rendre les selles moins dures et moins traumatisantes. Éviter de pousser longtemps aux toilettes peut aussi limiter les saignements liés aux hémorroïdes ou aux fissures.

Si une maladie digestive a déjà été diagnostiquée, le suivi régulier et l’observance du traitement diminuent le risque de récidive. Les personnes qui prennent des anticoagulants ou des anti-inflammatoires doivent discuter avec leur médecin de tout saignement, même modéré, car ces médicaments peuvent aggraver une perte sanguine. Selon les recommandations de bonne pratique, la prévention repose surtout sur le traitement de la cause et sur la surveillance des signes d’alerte.

Quand consulter un médecin

Consultez rapidement si vous observez du sang dans les selles pour la première fois, surtout si vous avez plus de 50 ans, si le saignement revient, ou si vous avez une perte de poids, de la fatigue, de la fièvre ou un changement récent du transit.

Consultez en urgence si vous avez des selles noires, du sang rouge abondant, des vertiges, un malaise, des palpitations, un essoufflement, une douleur abdominale importante ou si vous prenez un anticoagulant et que le saignement apparaît.

Prenez rendez-vous sans tarder si le sang s’accompagne de diarrhée persistante, de mucus, de douleur à la selle, de constipation sévère ou d’antécédents familiaux de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire intestinale.

Foire aux questions (FAQ)

Les hématies dans les selles signifient-elles toujours un cancer ?

Non. Dans beaucoup de cas, la cause est bénigne, comme des hémorroïdes ou une fissure anale. En revanche, un saignement digestif répété, surtout après 50 ans ou associé à d’autres symptômes, doit être évalué pour ne pas manquer une cause plus sérieuse.

Du sang rouge dans les selles est-il moins grave que du sang noir ?

Pas forcément, mais cela oriente parfois vers l’origine du saignement. Un sang rouge vif vient souvent de la partie basse du tube digestif. Des selles noires peuvent suggérer un saignement plus haut. Dans les deux cas, un avis médical est recommandé si le phénomène est nouveau, répété ou abondant.

Une fissure anale peut-elle expliquer des hématies dans les selles ?

Oui. Une fissure anale peut provoquer un petit saignement rouge vif, souvent avec une douleur vive pendant ou après la selle. La douleur au passage des selles est un indice fréquent, mais seul un examen clinique permet de confirmer la cause.

Dois-je faire une coloscopie si je vois du sang dans mes selles ?

Pas systématiquement, mais cela peut être proposé selon l’âge, les symptômes et les antécédents. Le médecin choisit l’examen le plus adapté après l’interrogatoire et l’examen clinique. Chez certaines personnes, une simple évaluation de la zone anale suffit ; chez d’autres, une exploration plus complète est nécessaire.

Le stress peut-il provoquer du sang dans les selles ?

Le stress n’explique pas directement la présence de sang. En revanche, il peut favoriser certains troubles digestifs ou aggraver une constipation, ce qui peut augmenter le risque de fissure anale ou d’irritation. Si du sang apparaît, il faut chercher une cause médicale réelle.

Que faire si le saignement est minime mais répété ?

Même un petit saignement répété mérite une consultation, surtout s’il persiste plus de quelques jours ou s’il s’accompagne de fatigue, de douleurs ou de modification du transit. Les petits saignements répétés peuvent parfois entraîner une anémie ou révéler une maladie digestive.

Glossaire des termes clés

– Hématies : globules rouges du sang.
– Selles : matières fécales évacuées lors de la défécation.
– Rectorragie : émission de sang rouge par l’anus.
– Méléna : selles noires liées à un sang digéré.
– Hémorroïdes : veines dilatées au niveau de l’anus ou du rectum.
– Fissure anale : petite déchirure douloureuse de l’anus.
– Anémie : baisse du taux d’hémoglobine, souvent associée à une fatigue.
– Coloscopie : examen du côlon avec une caméra souple.
– Anticoagulant : médicament qui diminue la coagulation du sang.
– Sang occulte : sang présent mais invisible à l’œil nu.

Sources

Sang dans les selles – Manuel MSD
Hémorragie digestive basse – Manuel MSD
Rectal bleeding – MedlinePlus Medical Encyclopedia
Colorectal cancer screening – World Health Organization
Sang dans les selles chez l’adulte – VIDAL

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