Une petite bosse rugueuse sur un doigt, un point douloureux sous le pied qui gêne la marche : les verrues sont des excroissances bénignes de la peau dues à un virus, le papillomavirus humain (HPV). Selon l’Assurance maladie, environ une personne sur quatre en France est ou sera concernée, et les enfants sont les plus touchés. Sans gravité, elles sont parfois douloureuses, souvent disgracieuses et peuvent se propager. Cet article présente leurs différentes formes, leur mode de contagion, leur évolution naturelle, les traitements disponibles en pharmacie ou chez le médecin, les signes qui doivent faire consulter et les gestes pour éviter d’en attraper.
Verrues : définition et causes
Une infection bénigne due aux papillomavirus
Les verrues sont de petites excroissances bénignes de la peau, aussi appelées papillomes viraux. Elles résultent d’une contamination de la peau par un papillomavirus humain (Assurance maladie). Plus de 200 types de HPV sont connus, dont plusieurs dizaines infectent la peau, et au moins une personne sur deux porte un HPV cutané sans le savoir (Dermato-INFO, Société française de dermatologie). Sur la peau, ces lésions sont surtout dues aux types 1, 2 et 3, qui ne provoquent pas de cancer de la peau. Les types à haut risque, comme les types 16 et 18, touchent les muqueuses et sont liés au cancer du col de l’utérus (Assurance maladie).
Qui est concerné ?
Les enfants de 5 à 15 ans sont les plus touchés : 50 à 70 % présentent un jour une verrue vulgaire et 20 à 30 % une verrue plantaire (Assurance maladie). La fréquence diminue entre 15 et 20 ans, puis peut remonter après 25 ans (Dermato-INFO). Ces lésions sont aussi plus fréquentes chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies, par exemple après une greffe d’organe. Le virus peut rester silencieux pendant des mois ou des années, puis se réactiver, sans que le déclencheur soit précisément connu.
Les facteurs favorisants
- Une peau abîmée (plaie, coupure, écorchure, peau sèche), qui laisse entrer le virus.
- Une transpiration excessive des pieds.
- L’eau chaude, qui ramollit la corne des pieds, et les sols rugueux autour des piscines.
- La vie en collectivité, notamment à l’école.
- Certains métiers exposés aux petites blessures des mains : bouchers, charcutiers, poissonniers, employés d’abattoirs, vétérinaires.
Ces facteurs sont décrits par l’Assurance maladie.
Les différents types de verrues
L’aspect dépend surtout de l’emplacement. Le tableau ci-dessous résume les six formes décrites par l’Assurance maladie et la Société française de dermatologie.
| Type | Aspect | Localisation habituelle | À savoir |
|---|---|---|---|
| Vulgaire | Bosse ronde en dôme, rugueuse, de quelques millimètres | Doigts, dos des mains | La plus fréquente chez l’enfant |
| Péri-unguéale | Bosse rugueuse au bord ou sous l’ongle | Autour des ongles | Parfois très douloureuse, peut déformer ou décoller l’ongle |
| Filiforme | Excroissance longue et fine | Autour de la bouche, zone de rasage | Plus fréquente chez l’homme |
| Plane | Petite surélévation plate de 1 à 5 mm, souvent nombreuse | Visage, dos des mains, membres | Parfois regroupée en plaques |
| Plantaire unique (myrmécie) | Lésion profonde entourée d’un anneau de corne, avec des points noirs | Plante du pied, zones d’appui | Douloureuse à la marche |
| Plantaire en mosaïque | Plaques superficielles de peau épaissie | Plante du pied | Moins douloureuses qu’une myrmécie |
Sur les mains et les doigts
La verrue vulgaire forme une petite bosse arrondie et rugueuse sur les doigts ou le dos des mains. Lorsqu’elle se développe autour ou sous un ongle, on la dit péri-unguéale : elle peut être très douloureuse et déformer ou décoller l’ongle (Assurance maladie). Mieux vaut la faire examiner tôt, tant qu’elle est petite.
Sous le pied : myrmécie et forme en mosaïque
La verrue plantaire unique, ou myrmécie, est profonde et bien délimitée par un anneau de corne. De petits vaisseaux y forment des points noirâtres qui peuvent saigner, et elle fait mal à la marche. La forme en mosaïque, plus superficielle, se regroupe en plaques de peau épaissie et fait moins mal (Assurance maladie). Dans une étude française, la myrmécie représentait 83,9 % des lésions plantaires (Chanal et al.).
Cette lésion se confond facilement avec un cor. Trois indices aident à les distinguer, selon l’Assurance maladie : elle fait mal quand on la pince entre deux doigts, alors que le cor n’est sensible qu’à la pression directe ; de petits vaisseaux sont visibles en son centre, jamais dans le cor ; enfin, les lignes de la peau y sont interrompues, pas sur le cor.
Sur le visage : verrues planes et filiformes
Les formes planes sont de petites papules plates, souvent nombreuses, sur le visage et le dos des mains. Les formes filiformes, longues et fines, siègent autour de la bouche et, chez l’homme, dans la zone de rasage (Dermato-INFO). Une verrue du visage justifie une consultation : les produits vendus en pharmacie ne doivent pas y être appliqués (Assurance maladie).
Les verrues génitales, un cas à part
Les verrues anales et génitales, appelées condylomes, sont dues à d’autres types de HPV. Elles se transmettent essentiellement lors des rapports sexuels et sont considérées comme une infection sexuellement transmissible (Assurance maladie). Leur prise en charge est différente de celle des lésions de la peau.
Les verrues sont-elles contagieuses ?
Comment le virus se transmet
Oui, mais modérément. La principale source de contamination est la lésion elle-même, qui libère de minuscules squames contenant le virus (Dermato-INFO). La transmission peut être (Assurance maladie) :
- directe, par contact de peau avec une personne atteinte ;
- par auto-inoculation : en grattant, on répand le virus sur sa propre peau, ce qui crée de nouvelles lésions ;
- indirecte, par le sol ou des objets (outils, lime, serviette) sur lesquels le virus a été déposé, surtout si la peau est abîmée.
Les salles de sport, douches collectives, piscines et établissements scolaires sont les lieux les plus exposés. En revanche, serrer la main ou partager des couverts ne suffit généralement pas à transmettre le virus (Dermato-INFO).
École, piscine et sport : faut-il les éviter ?
Non. Un enfant atteint peut aller à l’école ou à la crèche en appliquant les précautions habituelles (Assurance maladie). Il n’existe pas de contre-indication à la piscine, et il est inutile d’isoler sa vaisselle, ses vêtements ou son linge (Dermato-INFO). En cas de verrues plantaires, la piscine et les sports pieds nus restent possibles avec un pansement étanche ou un vernis incolore, sans partager serviettes, chaussettes ni chaussures, en séchant bien les pieds et en portant des sandales dans les douches et autour des bassins (Assurance maladie).
Évolution : les verrues partent-elles seules ?
Une guérison spontanée fréquente
La plupart des verrues disparaissent seules en quelques mois, mais certaines persistent des années et les récidives sont fréquentes (Assurance maladie). Chez l’enfant, la durée moyenne est de deux ans : environ un tiers d’entre elles disparaissent en six mois et deux tiers régressent en moins de deux ans (Dermato-INFO). Celles des mains et des pieds ne se transforment pas en cancer de la peau.
Quand consulter un médecin ?
Le médecin traitant pose le diagnostic par un simple examen ; aucune analyse n’est nécessaire, sauf en cas de plaie qui ne cicatrise pas, où une biopsie écarte une lésion cancéreuse (Assurance maladie). Programmez une consultation si :
- la lésion est sur le visage ou près d’un ongle ;
- elle est douloureuse, se multiplie, change de couleur ou de forme ;
- elle saigne ou forme une plaie ;
- elle persiste malgré un traitement bien suivi.
Consultez sans tarder en cas de brûlure importante ou de signes d’infection après un traitement : rougeur qui s’étend, gonflement, pus. Les personnes immunodéprimées, diabétiques ou atteintes d’une maladie des artères des jambes ne doivent pas se soigner seules (Assurance maladie). Chez l’adulte, une lésion plantaire ou proche de l’ongle qui saigne, s’ulcère ou modifie l’ongle doit être vue par un dermatologue pour écarter un cancer de la peau (Dermato-INFO).
Traitements des verrues
Ne rien faire, une option possible
Comme la guérison spontanée est fréquente, l’abstention est possible si la lésion ne gêne pas (Dermato-INFO). Aucun traitement n’élimine le virus : tous visent à détruire la lésion visible, d’où des récidives possibles (Assurance maladie). Les méthodes physiques et chimiques paraissent aussi efficaces les unes que les autres, et aucune n’est recommandée en premier ; le choix dépend de l’âge, de la forme et de la localisation.
Les verrucides à l’acide salicylique
Vendus sans ordonnance, les verrucides contiennent de l’acide salicylique, de 15 à 50 % selon l’Assurance maladie, parfois associé à d’autres substances corrosives comme le collodion. Ils décapent progressivement la lésion. Le mode d’emploi recommandé est le suivant :
- appliquer le produit chaque jour sous un pansement occlusif, sans déborder sur la peau saine ;
- décaper régulièrement la zone avec une lime à ongle jetable, à jeter après chaque usage ;
- compter en moyenne 4 à 8 semaines avant la disparition ;
- conserver le produit dans son emballage, en hauteur et hors de portée des enfants ;
- se laver les mains après chaque application.
Ces produits ne s’utilisent ni sur le visage, ni sur les organes génitaux, ni sur une peau abîmée. Demandez conseil à votre pharmacien pour choisir le bon produit.
La cryothérapie à l’azote liquide
C’est la méthode la plus utilisée par les médecins. L’azote liquide est appliqué au coton-tige une dizaine de secondes, deux fois, ou en spray une vingtaine de secondes. Plusieurs séances sont souvent nécessaires. Une rougeur, un gonflement ou une cloque peuvent apparaître, puis une croûte qui tombe en quelques jours ; il ne faut pas la gratter. Près des ongles, une déformation de l’ongle est possible (Assurance maladie). Protégez ensuite la zone du soleil pour limiter les cicatrices foncées. Dermato-INFO conseille un contrôle 3 à 4 semaines après la séance.
Laser, curetage et autres techniques
Le laser CO2, réalisé sous anesthésie locale, est surtout réservé aux lésions plantaires et aux formes multiples résistantes. La plaie cicatrise en 2 à 6 semaines et laisse une cicatrice dans la moitié des cas. Le curetage, lui aussi sous anesthésie locale, concerne les lésions volumineuses et uniques ou reliées à la peau par un pédicule ; il peut laisser une cicatrice douloureuse (Assurance maladie). L’électrocoagulation n’est plus guère indiquée en raison du risque de cicatrices (Dermato-INFO).
Précautions : enfants, diabète, grossesse
Les produits à l’acide salicylique sont déconseillés avant 2 ans : l’enfant peut attendre la guérison spontanée. Ils sont aussi déconseillés aux personnes diabétiques ou atteintes d’une maladie des artères des jambes, en raison du risque de lésions de la peau parfois importantes. Pendant la grossesse, la cryothérapie est préférable, ou les soins peuvent attendre la naissance ; des produits contenant au maximum 11 % d’acide salicylique restent possibles (Assurance maladie).
Remèdes naturels : aucune preuve d’efficacité
Homéopathie, plantes, magnétiseurs ou rebouteux n’ont aucune efficacité scientifiquement démontrée. L’amélioration observée reflète souvent l’évolution naturelle, ces lésions finissant fréquemment par partir seules (Dermato-INFO). Ne coupez pas, n’arrachez pas et ne brûlez pas vous-même une lésion (Assurance maladie).
Prévenir les verrues et la contagion
Selon l’Assurance maladie, la seule prévention consiste à éviter le contact avec le virus :
- Ne grattez pas, ne mordillez pas et ne manipulez pas vos lésions ; lavez-vous les mains après les avoir touchées.
- Ne partagez ni serviette, ni gant de toilette, ni chaussettes, ni chaussures, ni lime ou pierre ponce déjà utilisée sur une lésion.
- Portez des sandales dans les piscines, vestiaires, gymnases et douches publiques.
- Séchez bien vos pieds après la douche ou le bain, surtout entre les orteils.
- Soignez rapidement plaies, coupures et maladies de la peau, qui laissent entrer le virus.
- Si vous travaillez au contact de viande ou de poisson, ou comme vétérinaire ou esthéticienne, portez des gants.
Dernières avancées scientifiques sur les verrues
2024 : des injections pour stimuler l’immunité
Une méta-analyse de 24 essais randomisés a évalué l’injection d’un antigène de Candida directement dans la lésion, pour inciter le système immunitaire à l’éliminer. Elle obtenait nettement plus de guérisons complètes qu’une injection de sérum salé, sans différence nette avec d’autres immunothérapies injectées, comme le vaccin rougeole-oreillons-rubéole. Les effets indésirables étaient généralement légers, mais les auteurs soulignent la petite taille des études (Chang et al., Acta Dermato-Venereologica). Ce que cela change pour vous : ces injections restent des options de recours, encore peu évaluées ; elles ne remplacent pas les traitements habituels.
2025 : une étude française sur les lésions plantaires rebelles
L’essai français VRAIE, mené en médecine de ville, a d’abord traité 358 patients par une pommade à 50 % d’acide salicylique sous pansement pendant 5 semaines : 140 d’entre eux ont guéri. Les autres ont reçu un second traitement. Au 90e jour, seuls 20 % étaient guéris avec l’acide salicylique, 11 % avec l’azote liquide, 6,6 % avec l’imiquimod et 3,5 % avec le 5-fluorouracile (Chanal et al., Annales de dermatologie et de vénéréologie). Ce que cela change pour vous : bien suivi, l’acide salicylique est un bon premier traitement ; en cas d’échec, aucun second traitement ne fait vraiment mieux, et la patience reste souvent la meilleure option.
2026 : le vaccin HPV, pas encore un traitement reconnu
Une revue a examiné l’usage du vaccin contre les papillomavirus, hors autorisation, pour traiter des lésions rebelles. Les résultats positifs proviennent tous d’études de faible qualité, sur de petits effectifs, et le seul grand essai randomisé, consacré aux condylomes, n’a montré aucun bénéfice. Les auteurs estiment que cet usage doit rester réservé à la recherche (Qi et Nie, Clinical and Experimental Dermatology). Ce que cela change pour vous : le vaccin HPV protège contre certains cancers et les condylomes, mais il ne soigne pas les lésions déjà présentes sur la peau.
Questions fréquentes sur les verrues
Qu’est-ce qu’une verrue ?
C’est une petite excroissance bénigne de la peau, due à une infection par un papillomavirus humain. Elle siège surtout sur les mains, la plante des pieds ou le visage.
Quelle maladie provoque des verrues ?
Une infection de la peau par un papillomavirus humain (HPV), le plus souvent de type 1, 2 ou 3 pour les mains et les pieds. Des lésions nombreuses ou inhabituelles peuvent aussi révéler une baisse des défenses immunitaires.
Quelle est la durée de vie d’une verrue ?
Chez l’enfant, environ deux ans en moyenne : un tiers d’entre elles disparaissent en six mois et deux tiers en moins de deux ans. Certaines persistent plusieurs années.
Comment enlever une verrue sans aller chez le dermatologue ?
Avec un verrucide à l’acide salicylique vendu en pharmacie, appliqué chaque jour sous pansement, en limant régulièrement la zone. Il faut compter 4 à 8 semaines. Ce n’est pas adapté au visage, aux organes génitaux, aux enfants de moins de 2 ans ni aux personnes diabétiques.
Qu’est-ce qu’une verrue sous unguéale ?
C’est une lésion qui se développe sous l’ongle ou sur son pourtour. Elle peut être très douloureuse et déformer ou décoller l’ongle. Il vaut mieux consulter tôt, et un dermatologue doit examiner chez l’adulte une lésion qui saigne ou modifie l’ongle.
Comment savoir si une verrue est morte ?
Après un traitement, la lésion a disparu quand la peau a retrouvé un aspect normal : les lignes de la peau sont de nouveau continues et les petits points noirs ont disparu. Un contrôle médical quelques semaines après le traitement permet de le confirmer.
Comment supprimer une verrue au pied ?
En premier lieu par un verrucide à l’acide salicylique sous pansement, ou par cryothérapie chez le médecin. Les formes multiples et résistantes peuvent relever du laser. Les personnes diabétiques doivent consulter avant tout traitement.
Quels sont les symptômes d’une verrue de la main ?
Une petite bosse arrondie, rugueuse, de quelques millimètres, sur les doigts ou le dos de la main, en général indolore. Près d’un ongle, elle peut devenir douloureuse et déformer l’ongle.
Glossaire
- Verrue : excroissance bénigne de la peau due à un papillomavirus humain.
- Papillomavirus humain (HPV) : famille de virus qui infectent la peau et les muqueuses.
- Myrmécie : lésion plantaire unique et profonde, douloureuse à la marche.
- Péri-unguéal : situé autour ou sous un ongle.
- Auto-inoculation : propagation du virus sur sa propre peau, par exemple en grattant.
- Verrucide : produit qui détruit la lésion, le plus souvent à base d’acide salicylique.
- Kératolytique : qui décape la couche superficielle épaissie de la peau.
- Cryothérapie : destruction d’une lésion par le froid, avec de l’azote liquide.
- Condylome : lésion génitale ou anale due au HPV, transmise surtout par voie sexuelle.
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Sources
- Assurance maladie (ameli.fr). Définition et causes des verrues cutanées, 27/05/2025.
- Assurance maladie (ameli.fr). Verrues : la consultation et le traitement, 27/05/2025.
- Assurance maladie (ameli.fr). Verrues sur la peau : que faire ?, 27/05/2025.
- Assurance maladie (ameli.fr). Prévenir la survenue de verrues, 27/05/2025.
- Dermato-INFO, Société française de dermatologie. Tout savoir sur les verrues, mise à jour du 21/03/2026.
- Chang et al. Efficacy of intralesional Candida injection in the treatment of cutaneous warts: a systematic review and meta-analysis. Acta Dermato-Venereologica, 2024. DOI.
- Chanal et al. A multicentre pragmatic randomized controlled trial comparing 50% salicylic acid, liquid nitrogen, 5% 5-fluorouracil cream, and 5% imiquimod cream in previously treated plantar warts. The VRAIE study. Annales de dermatologie et de vénéréologie, 2025. DOI.
- Qi et Nie. HPV vaccination as treatment for cutaneous diseases: beyond prevention. Clinical and Experimental Dermatology, 2026. DOI.



