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Sepsis : un nouveau test sanguin pourrait accélérer le diagnostic

Table des matières

Analyse de sang pour la détection précoce du sepsis avec les marqueurs CRP et lactate

⚕️ Cet article est à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin pour interpréter vos résultats.

Deux services d’urgences franciliens de l’AP-HP viennent de lancer une évaluation en conditions réelles d’un nouveau test sanguin pour la détection précoce du sepsis, ce syndrome infectieux grave qui reste l’une des premières causes de mortalité évitable à l’hôpital. Objectif affiché : obtenir un résultat en moins d’une heure pour orienter plus vite les patients aux urgences. Au même moment, une étude parue en 2026 montre qu’un autre marqueur sanguin, la présepsine, distingue mieux le sepsis des infections banales que les tests actuellement utilisés en routine. Ces deux actualités ne changent rien, à ce stade, aux analyses prescrites aujourd’hui, mais elles éclairent pourquoi certains marqueurs de votre bilan sanguin sont surveillés de si près en cas d’infection sévère.

Qu’est-ce que le sepsis, et pourquoi chaque minute compte

Le sepsis survient lorsque la réponse de l’organisme à une infection, plutôt que l’infection elle-même, commence à endommager les tissus et les organes. Il peut faire suite à une infection banale : urinaire, pulmonaire, ou une plaie infectée. Sans prise en charge rapide, il peut évoluer vers un choc septique, une défaillance des organes, puis le décès en quelques heures. C’est pour cette raison que le sepsis est considéré comme une urgence médicale au même titre qu’un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.

La difficulté tient à des symptômes précoces peu spécifiques : confusion, accélération du rythme cardiaque, peau moite, ou simplement un état bien plus altéré que ne le laisserait supposer l’infection initiale. C’est précisément l’écart que les analyses sanguines cherchent à combler.

Comment le sepsis est diagnostiqué aujourd’hui

Face à une suspicion de sepsis, un bilan sanguin est prescrit en urgence, associé à des hémocultures pour identifier la bactérie ou le champignon responsable. Le bilan standard s’appuie sur plusieurs marqueurs complémentaires.

  • Une numération formule sanguine, pour repérer une mobilisation du système immunitaire.
  • Un dosage de la CRP (protéine C-réactive), un marqueur d’inflammation qui s’élève rapidement en cas d’infection.
  • Un dosage de la procalcitonine, plus spécifique d’une infection bactérienne que la CRP.
  • Un dosage du lactate, qui reflète l’oxygénation des tissus ; un taux élevé est l’un des signaux les plus forts d’un choc septique en train de s’installer.

Aucun de ces marqueurs n’est, à lui seul, suffisant pour poser le diagnostic. Les équipes médicales les combinent aux constantes vitales, aux symptômes et à des scores cliniques pour évaluer l’urgence de la prise en charge.

Dernières avancées scientifiques sur le diagnostic du sepsis

Le projet DETECSEPS, lancé le 13 septembre (journée mondiale du sepsis) dans deux services d’urgences de l’AP-HP (Bichat-Claude-Bernard et Ambroise-Paré), associe un score clinique (NEWS2) à un biomarqueur sanguin, le Nu.Q NETs H3.1, qui quantifie un mécanisme immunitaire appelé NETose, par lequel certains globules blancs piègent les bactéries. Le résultat est rendu en moins d’une heure grâce à un automate dédié, directement au lit du patient. Si les résultats de cette évaluation en vie réelle sont concluants, cette approche pourrait modifier significativement le parcours de soins des patients suspects d’infection sévère, selon la présentation du projet par l’AP-HP.

Sur le plan international, une étude prospective multicentrique publiée en 2026 a comparé un autre marqueur, la présepsine, à la procalcitonine, à la CRP et à des interleukines chez 184 patients, dont des cas de sepsis et de choc septique confirmés. Selon PubMed, la présepsine a mieux distingué le sepsis d’une simple infection pulmonaire que les marqueurs de référence, et elle a été le seul marqueur à prédire de façon indépendante la survie à 30 jours (DOI : 10.1016/j.cca.2026.121204). En clair : un seul marqueur sanguin a permis d’identifier à la fois qui présentait un sepsis et qui courait le risque le plus élevé, mieux que la combinaison de tests utilisée aujourd’hui.

Ce que cela change pour vous : aucun de ces marqueurs ne remplace, à ce jour, le bilan standard, et un résultat isolé, élevé ou normal, ne doit jamais être interprété seul. Mais si votre compte rendu biologique mentionne la procalcitonine, le lactate ou un marqueur de l’inflammation, ces recherches expliquent pourquoi votre équipe médicale surveille précisément ces valeurs.

Comparer les principaux marqueurs sanguins du sepsis

MarqueurCe qu’il reflèteRôle dans le bilan sepsis
Numération leucocytaireActivation du système immunitaireSystématique, première intention
CRPInflammation généraleSystématique, première intention
ProcalcitonineInfection probablement bactérienneLargement utilisée, plus spécifique
LactateOxygénation des tissusIndicateur clé de gravité et de choc
Présepsine / Nu.Q NETsRéponse immunitaire spécifiqueÉmergent, pas encore de routine

Les signes qui doivent alerter en urgence

Le sepsis peut s’aggraver en quelques heures : mieux vaut consulter en urgence par excès de prudence. Contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences si une infection s’accompagne de l’un de ces signes.

  • Confusion, difficulté à parler ou somnolence inhabituelle
  • Rythme cardiaque très rapide ou respiration rapide et superficielle
  • Peau moite ou marbrée, fièvre avec frissons
  • Absence d’urines depuis plus de 24 heures
  • Sensation d’être bien plus malade que ne le laisserait penser l’infection initiale

Comprendre vos propres résultats

Si vous ou un proche avez fait une prise de sang à l’occasion d’une infection sévère, le compte rendu peut afficher des abréviations peu familières, au moment même où il est le plus difficile de s’y attarder. AI DiagMe analyse des valeurs comme la CRP, la procalcitonine, le lactate ou la numération formule sanguine au regard de votre profil, et vous explique en langage clair ce que chaque résultat signifie dans votre situation, pour mieux échanger avec votre médecin.

Glossaire

  • Sepsis : réponse extrême et potentiellement mortelle de l’organisme à une infection.
  • Choc septique : stade sévère du sepsis avec chute dangereuse de la tension artérielle.
  • Procalcitonine : protéine sanguine qui s’élève surtout lors d’une infection bactérienne.
  • Présepsine : marqueur sanguin émergent libéré par les cellules immunitaires face à une bactérie.
  • Lactate : substance qui s’accumule dans le sang quand les tissus manquent d’oxygène.
  • NETs (pièges extracellulaires des neutrophiles) : structures libérées par certains globules blancs pour piéger les bactéries, étudiées comme marqueur du sepsis.

Questions fréquentes

Un seul test sanguin peut-il confirmer un sepsis ? Non, aucun marqueur isolé ne confirme un sepsis à lui seul. Le diagnostic combine analyses sanguines, constantes vitales, symptômes et jugement clinique.

La présepsine est-elle disponible en routine ? Pas encore largement. Elle reste, pour l’instant, un marqueur de recherche et de laboratoires spécialisés plutôt qu’un test standard des urgences.

Pourquoi le lactate est-il si surveillé en cas de sepsis suspecté ? Une élévation du lactate signale un manque d’oxygénation des tissus, l’un des signes les plus nets d’évolution vers un choc septique.

Qui présente le plus de risques de sepsis ? Les personnes de plus de 65 ans, les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques (diabète, cancer, insuffisance rénale) sont plus exposées.

Un taux normal de globules blancs élimine-t-il un sepsis ? Non. Certains patients, notamment âgés, peuvent présenter un sepsis avec une numération normale, voire basse, ce qui justifie de croiser plusieurs marqueurs.

Sources

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    Dr Claude Tchonko est hématologue, en exercice depuis 2013, exerçant actuellement à la Clinique Mas de Rochet (Castelnau-le-Lez). Fort d'un parcours international, il est spécialisé dans la prise en charge des hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes), avec une expertise particulière dans les traitements par autogreffe de cellules souches, la thérapie CAR-T et l'optimisation des parcours de soins en onco-hématologie.

    Auteur d'un ouvrage de référence, « Les hémopathies lymphoïdes au Mali », il combine pratique clinique et participation active à des projets de développement de solutions technologiques en santé.

    Titulaire d'un Doctorat d'État en Médecine (Faculté de Médecine de Bamako, 2006), il a complété sa formation par un Certificat d'Études Spécialisées en Hématologie Bioclinique (Abidjan-Cocody, 2010) et plusieurs diplômes universitaires : DFMS d'Hématologie et DIU de Cytogénétique Onco-hématologique (Grenoble), ainsi qu'un DU sur le syndrome drépanocytaire majeur (UPEC).

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