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Diarrhée : causes, durée normale et quand s’inquiéter

Table des matières

Diarrhée : adulte qui boit un verre d'eau, un sachet de soluté de réhydratation orale posé sur la table

⚕️ Cet article est à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin pour interpréter vos résultats.

La diarrhée se définit par l’émission de plus de trois selles molles ou liquides en 24 heures. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une diarrhée aiguë d’origine virale, qui guérit sans traitement en deux à trois jours. C’est un trouble très courant : Santé publique France estime que plus de 21 millions d’épisodes de gastro-entérite aiguë surviennent chaque année en France. Quelques signes doivent toutefois faire consulter rapidement, comme du sang dans les selles, une forte fièvre ou une déshydratation.

Cet article explique ce qu’est une diarrhée, combien de temps elle dure normalement, quelles en sont les causes, quand s’inquiéter chez l’adulte et chez l’enfant, comment bien se soigner et quelles analyses de selles ou de sang peuvent être demandées.

Qu’est-ce qu’une diarrhée ?

Selon l’Assurance Maladie, ce trouble se caractérise par une augmentation de la fréquence des selles, avec plus de trois selles en 24 heures, et par une modification de leur consistance : les selles deviennent molles ou liquides. Le nombre de selles ne suffit pas à lui seul, car certaines personnes vont normalement à la selle trois à cinq fois par jour, rappellent les Manuels MSD. C’est surtout le changement par rapport à vos habitudes qui compte. Pour décrire l’aspect de vos selles, aidez-vous de notre article sur la consistance des selles.

La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) distingue trois situations selon la durée :

  • la diarrhée aiguë, d’apparition brutale, qui évolue depuis moins de deux semaines ;
  • la diarrhée prolongée, qui dure de deux à quatre semaines ;
  • la diarrhée chronique, qui persiste depuis plus d’un mois.

Causes et examens diffèrent selon la durée : la forme aiguë est le plus souvent infectieuse et bénigne, alors que la forme chronique justifie un avis médical pour en trouver l’origine.

Combien de temps dure une diarrhée ?

La durée normale d’une diarrhée dépend surtout de sa cause. Une gastro-entérite virale de l’adulte dure généralement moins de trois jours et guérit sans traitement, selon l’Assurance Maladie ; la SNFGE évoque une durée moyenne de trois jours. D’après l’Assurance Maladie et les recommandations du VIDAL, les durées habituelles sont les suivantes :

SituationDurée habituelleÀ retenir
Gastro-entérite virale de l’adulteDeux à trois joursGuérit sans traitement dans la plupart des cas
Infection bactérienne ou parasitaireSouvent une à deux semainesPeut nécessiter un traitement adapté, après un examen des selles
Diarrhée du voyageur (turista)Un à trois joursGuérit le plus souvent spontanément
Sous antibiotiquesDisparaît en quelques jours à l’arrêt de l’antibiotiqueLe plus souvent légère, mais à signaler au médecin
Gastro-entérite de l’enfantVomissements : un à deux jours ; diarrhée : parfois une à deux semainesSurveiller de près l’hydratation

Selon la SNFGE, des selles liquides qui persistent au-delà de trois à quatre jours, ou qui s’accompagnent de fièvre, de sang ou d’une déshydratation inquiétante, sortent du cadre de la simple gastro-entérite et imposent de consulter rapidement. Si les symptômes durent plus de deux semaines, notre article sur la diarrhée persistante détaille les examens de selles à envisager.

Les causes de la diarrhée

Les causes d’une diarrhée aiguë

Les formes aiguës sont le plus souvent d’origine infectieuse. L’Assurance Maladie cite notamment les causes suivantes :

  • les virus, les plus fréquents : rotavirus, norovirus ou adénovirus. Selon Santé publique France, les norovirus touchent tous les âges, tandis que les rotavirus concernent surtout les enfants de moins de 5 ans ;
  • les bactéries, comme Campylobacter, la cause la plus fréquente de gastro-entérite bactérienne en Europe ;
  • les parasites, comme les amibes ou Giardia ;
  • les voyages : jusqu’à la moitié des voyageurs sont touchés lors d’un séjour de trois semaines ;
  • les médicaments : antibiotiques, colchicine, anti-inflammatoires ou chimiothérapies peuvent provoquer une diarrhée sans fièvre, qui cesse à l’arrêt du traitement.

Les antibiotiques méritent une mention particulière. Selon le VIDAL, une diarrhée survient au cours de 5 à 25 % des traitements antibiotiques. Elle est le plus souvent légère, mais la bactérie Clostridioides difficile est en cause dans 10 à 20 % des cas. Selon la SNFGE, cette diarrhée peut apparaître pendant le traitement et jusqu’à deux mois après son arrêt.

Les causes d’une diarrhée chronique

Lorsque le trouble s’installe pendant des semaines, d’autres causes sont recherchées. Selon la SNFGE, 90 % des diarrhées dites motrices, liées à un transit trop rapide, sont d’origine fonctionnelle, comme le syndrome de l’intestin irritable. Parmi les maladies organiques, la maladie cœliaque, la maladie de Crohn et les colites microscopiques sont les principales causes. D’autres pistes existent : hyperthyroïdie, mauvaise digestion du lactose ou certains médicaments, comme la metformine utilisée dans le diabète. Plus rarement, des selles liquides au long cours peuvent révéler un cancer du côlon, d’où l’importance de consulter.

Diarrhée chez l’adulte : quand s’inquiéter ? 8 signes d’alerte

La plupart des épisodes guérissent seuls. En croisant les conseils de l’Assurance Maladie, de la SNFGE et du Service public d’information en santé, huit situations doivent toutefois conduire à consulter un médecin :

  1. du sang, du pus ou des glaires dans les selles ; notre article sur le sang dans les selles en détaille les causes ;
  2. une forte fièvre, autour de 39 °C selon la SNFGE ;
  3. des signes de déshydratation : soif intense, bouche sèche, urines rares ;
  4. l’impossibilité de boire, ou des vomissements qui empêchent de se réhydrater ;
  5. un épisode qui dure au-delà de deux jours malgré les mesures habituelles, qui récidive ou qui alterne avec une constipation ;
  6. des douleurs abdominales, une grande fatigue ou un amaigrissement brutal ;
  7. un terrain fragile : plus de 75 ans, maladie chronique comme le diabète, ou immunité affaiblie ;
  8. un contexte particulier : retour d’un pays tropical, ou troubles apparus après la prise d’un nouveau médicament, en particulier un antibiotique.

Des selles liquides qui réveillent la nuit ou une perte de poids justifient aussi une consultation, dans un délai d’environ une semaine selon les Manuels MSD.

Certaines situations relèvent de l’urgence : une personne âgée qui ne boit plus, devient somnolente ou tient des propos confus, ou une déshydratation marquée. Dans ce cas, appelez sans tarder le 15 ou le 112, recommande l’Assurance Maladie. Selon la SNFGE, une fièvre avec frissons, une température anormalement basse ou une déshydratation sévère imposent une hospitalisation en urgence.

Diarrhée chez l’enfant et le nourrisson

Chez l’enfant, la gastro-entérite est due à un virus dans la grande majorité des cas, surtout le rotavirus et le norovirus. Elle touche principalement les nourrissons de moins de 2 ans, avec un pic entre 6 et 12 mois, selon l’Assurance Maladie. Le principal danger est la déshydratation, surtout chez les nourrissons de moins de 6 mois et les enfants atteints de maladies chroniques.

Le traitement de référence est le soluté de réhydratation orale (SRO), une poudre à diluer dans un biberon d’eau, disponible en pharmacie sans ordonnance selon l’ANSM. On le propose sans limiter la quantité, bien frais et par petites gorgées toutes les 5 à 10 minutes si l’enfant vomit. Il ne faut pas réhydrater avec de l’eau pure, des sodas ou des boissons uniquement sucrées, ni modifier la dilution du sachet. L’allaitement ou le lait habituel est poursuivi, ou repris dans les quatre premières heures.

Chez un nourrisson de moins de 2 ans qui a une diarrhée aiguë, l’Assurance Maladie conseille de consulter rapidement. À tout âge, consultez sans délai si l’enfant :

  • vomit de manière répétée, ne mange plus ou ne boit plus ;
  • a des selles liquides qui persistent plus de deux jours ou s’aggravent ;
  • a une fièvre supérieure à 38,5 °C ;
  • a du sang ou des glaires dans les selles ;
  • montre des signes de déshydratation : agitation inhabituelle ou au contraire somnolence, pâleur, yeux creux et cernés, langue sèche, respiration rapide, perte de poids de plus de 5 %.

Côté médicaments, la prudence s’impose. Depuis 2019, l’ANSM demande de ne plus utiliser les médicaments à base d’argile, comme la diosmectite, avant 2 ans, par précaution, car ils peuvent contenir d’infimes quantités de plomb. Le lopéramide n’est pas recommandé avant 12 ans, et le racécadotril n’est plus recommandé en usage courant chez l’enfant, selon l’Assurance Maladie. Enfin, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande depuis 2022 la vaccination de tous les nourrissons contre le rotavirus, entre 6 semaines et 6 mois : ce virus provoque chaque hiver environ 20 000 hospitalisations en France métropolitaine.

Que faire en cas de diarrhée ?

Boire avant tout

La priorité est de compenser les pertes en eau et en sels minéraux. L’Assurance Maladie conseille de boire plus que d’habitude des boissons contenant assez de sucre et de sel : eau, eau sucrée, bouillons de légumes. Chez les personnes âgées ou en cas de vomissements, le médecin peut prescrire un soluté de réhydratation orale, à prendre par petites quantités fréquentes.

Que manger en cas de diarrhée ?

Il est conseillé de continuer à manger, en privilégiant de petits repas fréquents, salés et pauvres en fibres : riz, pommes de terre, pâtes, semoule, carottes cuites, viandes maigres. À l’exception des bananes, évitez temporairement les fruits, les légumes crus et les aliments riches en fibres, ainsi que les repas copieux. Le lait et les produits laitiers sont aussi à mettre de côté quelques jours, car une intolérance passagère au lactose est possible, selon le VIDAL.

Les médicaments contre la diarrhée

  • Le lopéramide ralentit le transit. Il est réservé aux selles très liquides, fréquentes et abondantes, ou à une nécessité ponctuelle comme un trajet en avion. Il ne doit pas être utilisé en cas de fièvre ou de sang dans les selles, ni si les troubles surviennent pendant ou après des antibiotiques, selon la notice publiée par l’ANSM. Sans amélioration après deux jours, il faut l’arrêter et consulter.
  • Le racécadotril réduit la sécrétion d’eau dans l’intestin sans ralentir le transit. Le VIDAL le déconseille pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi qu’avec certains médicaments de l’hypertension, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, en raison d’un risque d’œdème de Quincke.
  • La diosmectite et les probiotiques n’ont pas prouvé leur efficacité chez l’adulte et ne sont pas recommandés, selon les recommandations du VIDAL.
  • Les antibiotiques sont inutiles dans la grande majorité des cas, car la plupart des épisodes sont viraux. Ils ne se justifient que si une cause bactérienne a été établie par un examen des selles, selon l’Assurance Maladie.

Pour limiter la contagion, lavez-vous soigneusement les mains au savon, en particulier après être allé aux toilettes et avant de préparer les repas : selon Santé publique France, les mains sont le principal vecteur de transmission des gastro-entérites virales.

Quelles analyses en cas de diarrhée ?

Un épisode aigu banal ne nécessite en général aucun examen. Le médecin peut en revanche demander une analyse des selles ou une prise de sang dans certaines situations, décrites par l’Assurance Maladie, la SNFGE et le VIDAL :

ExamenCe qu’il rechercheQuand il est demandé
CoprocultureLes bactéries responsables, avec un antibiogramme pour choisir le traitementSang dans les selles, fièvre, diarrhée sévère ou persistante, immunodépression, retour d’un pays tropical, intoxication alimentaire collective
Examen parasitologique des sellesLes parasites, comme Giardia ou les amibesRetour de voyage, diarrhée qui se prolonge
Recherche de Clostridioides difficileLes toxines de cette bactérie favorisée par les antibiotiquesTroubles pendant ou après un traitement antibiotique
Numération formule sanguine et CRPUne anémie, une infection ou une inflammationForme sévère, fébrile ou chronique
Ionogramme sanguinL’équilibre du sodium et du potassiumDéshydratation, pertes abondantes
Bilan d’une diarrhée chroniqueFerritine, vitamines B12 et B9, TSH, anticorps anti-transglutaminaseTroubles qui durent plus d’un mois

Le VIDAL recommande ces examens microbiologiques en cas de troubles persistant au-delà du 4e ou 5e jour, de fièvre, d’aggravation, d’immunodépression ou de retour d’une zone tropicale. La CRP, une protéine qui augmente en cas d’inflammation, et la numération formule sanguine permettent de rechercher un syndrome inflammatoire ou une anémie, selon la SNFGE. L’ionogramme sanguin vérifie l’équilibre du sodium et du potassium, mis à l’épreuve par des pertes abondantes. Dans une forme chronique, la recherche d’anticorps anti-transglutaminases permet de dépister une maladie cœliaque.

Dernières avancées scientifiques

D’après les travaux récents indexés dans PubMed (2023-2026), plusieurs études éclairent les suites des infections digestives, leurs traitements et la lecture des examens de selles.

Après une gastro-entérite, un intestin parfois durablement sensible

Une méta-analyse, c’est-à-dire un travail qui regroupe les résultats de nombreuses études, publiée en 2024 a réuni 47 études et plus de 28 000 adultes. Environ une personne sur sept développait un syndrome de l’intestin irritable dans les mois suivant une gastro-entérite aiguë, un risque environ quatre fois plus élevé que chez les personnes non touchées. Ce que cela change pour vous : si des troubles digestifs persistent plusieurs mois après une gastro-entérite, parlez-en à votre médecin ; ce trouble, dit post-infectieux, est bien identifié.

Probiotiques chez l’enfant : un effet modeste

Une méta-analyse de 2025 portant sur 25 essais et plus de 5 000 enfants atteints de gastro-entérite montre que les probiotiques raccourcissent un peu la durée de la diarrhée et des vomissements. L’effet reste modeste et l’Assurance Maladie considère que leur efficacité n’est pas prouvée. Ce que cela change pour vous : les probiotiques ne remplacent jamais la réhydratation par SRO ; demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’en donner à votre enfant.

Racécadotril chez l’enfant : pas de preuve solide

Une revue publiée en 2026 par une équipe lyonnaise a analysé cinq essais en double aveugle (ni les familles ni les médecins ne savaient qui recevait le médicament), soit 904 enfants. Un seul essai était de bonne qualité méthodologique, et il ne montrait pas de bénéfice sur la durée de la diarrhée, le volume des selles ou la durée d’hospitalisation. Les auteurs concluent à une absence de preuve d’efficacité. Ce que cela change pour vous : ce résultat rejoint la position de l’Assurance Maladie, qui ne recommande plus ce médicament en usage courant chez l’enfant.

Clostridioides difficile : ce que regardent les médecins

En 2026, des experts de l’Association américaine de gastro-entérologie ont actualisé leurs conseils sur cette infection. Le diagnostic associe des symptômes compatibles, typiquement une diarrhée après un traitement antibiotique, et des analyses de laboratoire. Selon eux, deux résultats de prise de sang signalent une forme sévère : un nombre très élevé de globules blancs, au-delà de 15 000 par microlitre, ou une créatinine supérieure à une fois et demie sa valeur habituelle. Ils insistent aussi sur l’évitement des antibiotiques inutiles. Ces conseils reposent sur un avis d’experts. Ce que cela change pour vous : des selles liquides pendant ou après des antibiotiques méritent un avis médical, et la prise de sang aide à en évaluer la gravité.

PCR multiplex : un test puissant à interpréter avec prudence

Les panels de PCR multiplex, une technique qui repère le matériel génétique des microbes, détectent en une seule analyse de nombreux virus, bactéries et parasites dans les selles. Une revue de 2026 rappelle toutefois leurs limites : un résultat positif peut correspondre à un simple portage du germe, à une élimination qui se prolonge après la guérison ou à un microbe au rôle incertain, plutôt qu’à une infection active. Ils n’indiquent pas non plus quel antibiotique serait efficace. Ce que cela change pour vous : un résultat positif ne signifie pas toujours qu’un traitement est nécessaire ; il s’interprète avec vos symptômes, en lien avec votre médecin.

Glossaire

  • Diarrhée aiguë : diarrhée d’apparition brutale qui évolue depuis moins de deux semaines, le plus souvent d’origine infectieuse.
  • Diarrhée chronique : diarrhée qui persiste depuis plus d’un mois et dont il faut rechercher la cause.
  • Gastro-entérite : infection du tube digestif, le plus souvent virale, qui provoque une diarrhée et parfois des vomissements.
  • Déshydratation : perte excessive d’eau et de sels minéraux, principale complication de la diarrhée, surtout chez le nourrisson et la personne âgée.
  • Soluté de réhydratation orale (SRO) : poudre à diluer dans de l’eau, dont le dosage en sucre et en sels compense les pertes dues à la diarrhée.
  • Coproculture : analyse des selles qui recherche les bactéries responsables d’une diarrhée et teste leur sensibilité aux antibiotiques.
  • Clostridioides difficile : bactérie qui peut proliférer dans l’intestin après un traitement antibiotique et provoquer une diarrhée parfois sévère.
  • Lopéramide : médicament qui ralentit le transit intestinal, réservé à certaines diarrhées de l’adulte.
  • PCR multiplex : technique de laboratoire qui recherche en une seule fois le matériel génétique de nombreux microbes dans les selles.
  • Syndrome de l’intestin irritable : trouble fonctionnel de l’intestin qui associe douleurs abdominales et troubles du transit, sans lésion visible.

Questions fréquentes sur la diarrhée

Une diarrhée liquide comme de l’eau est-elle grave ?

Pas forcément. Une diarrhée très liquide est fréquente lors d’une gastro-entérite virale et guérit le plus souvent en deux à trois jours. Le principal risque est la déshydratation, car l’organisme perd beaucoup d’eau et de sels minéraux : buvez abondamment, par petites quantités. Consultez si vous ne parvenez pas à boire, si vous avez très soif, la bouche sèche ou urinez peu, si la diarrhée dure plus de deux jours, ou si elle s’accompagne de sang, d’une forte fièvre ou de fortes douleurs. Chez le nourrisson et la personne âgée, la vigilance doit être encore plus grande.

Diarrhée sans fièvre ni vomissements : faut-il s’inquiéter ?

Le plus souvent, non. Une diarrhée isolée, sans fièvre, peut être liée à une gastro-entérite peu intense, à un changement d’alimentation, au stress ou à un médicament. Selon l’Assurance Maladie, certains médicaments, notamment les antibiotiques, provoquent une diarrhée sans fièvre qui cesse à l’arrêt du traitement. Consultez néanmoins si elle persiste au-delà de deux jours, si elle récidive, alterne avec une constipation, vous réveille la nuit ou s’accompagne d’un amaigrissement.

Quel médicament prendre contre la diarrhée sans ordonnance ?

Chez l’adulte, le lopéramide existe en vente libre. Il ne doit pas être pris en cas de fièvre, de sang dans les selles ou de diarrhée survenue pendant ou après des antibiotiques, ni plus de deux jours sans avis médical. Le racécadotril est une autre option, à discuter avec le pharmacien : il est déconseillé pendant la grossesse et avec certains médicaments de l’hypertension. Ces traitements ne remplacent jamais la réhydratation. Chez l’enfant, aucun médicament contre la diarrhée ne doit être donné sans l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Comment arrêter une diarrhée rapidement sans médicament ?

Il n’existe pas de moyen d’arrêter instantanément une diarrhée, mais on peut en limiter les conséquences. Buvez abondamment de l’eau, de l’eau sucrée ou des bouillons salés. Mangez de petits repas pauvres en fibres, comme du riz, des pâtes, des carottes cuites ou une banane, et évitez quelques jours le lait, les crudités et les repas copieux. La plupart des gastro-entérites virales guérissent ainsi en deux à trois jours. Un épisode qui ne s’améliore pas justifie une consultation.

Une diarrhée peut-elle être un signe de cancer ?

C’est rare : la grande majorité des épisodes sont d’origine infectieuse ou fonctionnelle. Selon la SNFGE, des troubles au long cours peuvent toutefois révéler une maladie grave, comme un cancer du côlon, une maladie cœliaque ou une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Un transit modifié depuis plusieurs semaines, du sang ou des glaires dans les selles, ou un amaigrissement important doivent donc faire consulter, sans attendre que les symptômes s’aggravent.

La gastro-entérite est-elle contagieuse ?

Oui. Selon Santé publique France, la transmission des gastro-entérites virales est principalement interhumaine, et les mains en sont le principal vecteur. Les norovirus et les rotavirus résistent longtemps sur les surfaces, et certains aliments consommés crus ou peu cuits, comme les huîtres ou les fruits rouges, peuvent aussi être contaminés. Pour protéger votre entourage, lavez-vous souvent les mains au savon, surtout après être allé aux toilettes et avant de cuisiner, et nettoyez régulièrement les surfaces.

Sources

  • Assurance Maladie — Gastro-entérite de l’adulte : symptômes, causes et évolution ; que faire ; consultation et traitement — 2025 — ameli.fr (symptômes et causes) ; ameli.fr (que faire) ; ameli.fr (consultation et traitement)
  • Assurance Maladie — Gastro-entérite de l’enfant : symptômes et causes ; que faire et quand consulter ; consultation et traitement — 2025 — ameli.fr (symptômes et causes) ; ameli.fr (que faire) ; ameli.fr (traitement)
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) — Diarrhée aiguë ; Diarrhée chronique — 2018 — snfge.org (diarrhée aiguë) ; snfge.org (diarrhée chronique)
  • VIDAL — Recommandations : diarrhée aiguë de l’adulte (2025) ; Le traitement de la diarrhée chez l’adulte (2025) — vidal.fr (recommandations) ; vidal.fr (traitements)
  • Santé publique France — Gastro-entérites aiguës : la maladie — 2025 — santepubliquefrance.fr
  • ANSM — Médicaments à base d’argile dans le traitement symptomatique de la diarrhée aiguë chez l’enfant — 2019, mise à jour 2021 ; Notice du lopéramide 2 mg en vente libre — 2022 — ansm.sante.fr (argiles) ; base de données ANSM (notice lopéramide)
  • Haute Autorité de santé — La HAS recommande la vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus — 2022 — has-sante.fr
  • Service public d’information en santé — Diarrhée et gastro-entérite de l’adulte — sante.fr
  • Manuels MSD, version pour le grand public — Diarrhée chez l’adulte — 2026 — msdmanuals.com
  • Porcari S. et coll. — Prevalence of irritable bowel syndrome and functional dyspepsia after acute gastroenteritis: systematic review and meta-analysis — Gut, 2024 — DOI 10.1136/gutjnl-2023-331835 (via PubMed)
  • Alsabri M. et coll. — Efficacy of probiotics in reducing the duration and severity of acute gastroenteritis in children: a meta-analysis of randomized controlled trials — Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, 2025 — DOI 10.1002/jpn3.70172 (via PubMed)
  • Bittar I. et coll. — Efficacy of racecadotril in acute diarrhea in children: systematic review of double blind randomized clinical trials — European Journal of Clinical Pharmacology, 2026 — DOI 10.1007/s00228-025-03927-2 (via PubMed)
  • Fischer M. et coll. — AGA Clinical Practice Update on Management of Clostridioides difficile Infection in Adults: Expert Review — Clinical Gastroenterology and Hepatology, 2026 — DOI 10.1016/j.cgh.2026.05.007 (via PubMed)
  • Tansarli G. S., Fang F. C. — Multiplex PCR to Diagnose Gastrointestinal Infections: Key Limitations in Interpretation — United European Gastroenterology Journal, 2026 — DOI 10.1002/ueg2.70272 (via PubMed)

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    Julien Priour est éditeur médical senior chez AI DiagMe, où il supervise la ligne éditoriale et le processus de vérification des faits. Diplômé de HEC Paris, il cumule 3 années d'expérience en édition santé et a été formé à la rédaction et publication scientifique par l'Institut de Recherche pour le Développement (FUN-MOOC, 2026). Il veille à ce que chaque article respecte les recommandations médicales en vigueur et soit relu et validé par un médecin du comité scientifique et éthique. Il définit les standards de sourcing (HAS, Ameli, INSERM…) et de relecture appliqués à l'ensemble du site.

  • Dr. Claude Tchonko, médecin du comité scientifique d'AI DiagMe

    Dr Claude Tchonko est hématologue, en exercice depuis 2013, exerçant actuellement à la Clinique Mas de Rochet (Castelnau-le-Lez). Fort d'un parcours international, il est spécialisé dans la prise en charge des hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes), avec une expertise particulière dans les traitements par autogreffe de cellules souches, la thérapie CAR-T et l'optimisation des parcours de soins en onco-hématologie.

    Auteur d'un ouvrage de référence, « Les hémopathies lymphoïdes au Mali », il combine pratique clinique et participation active à des projets de développement de solutions technologiques en santé.

    Titulaire d'un Doctorat d'État en Médecine (Faculté de Médecine de Bamako, 2006), il a complété sa formation par un Certificat d'Études Spécialisées en Hématologie Bioclinique (Abidjan-Cocody, 2010) et plusieurs diplômes universitaires : DFMS d'Hématologie et DIU de Cytogénétique Onco-hématologique (Grenoble), ainsi qu'un DU sur le syndrome drépanocytaire majeur (UPEC).

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