S’ouvre dans un nouvel onglet

Infarctus : symptômes chez l’homme et la femme, que faire

Table des matières

Homme et femme d'âge mûr, main sur la poitrine, illustrant les symptômes d'un infarctus différents selon le sexe

⚕️ Cet article est à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin pour interpréter vos résultats.

Un infarctus survient lorsqu’une artère qui nourrit le cœur se bouche brutalement : privée d’oxygène, une partie du muscle cardiaque commence à se détruire. C’est une urgence vitale, rappelle l’Assurance Maladie. La douleur dans la poitrine reste le signe le plus connu, mais elle n’est pas toujours présente : chez la femme, chez les personnes âgées ou diabétiques, un infarctus peut se manifester par un essoufflement, une fatigue inexpliquée ou des troubles digestifs. Dans tous les cas, le bon réflexe est le même : appeler le 15 ou le 112 sans attendre.

Cet article explique comment reconnaître les symptômes d’un infarctus chez l’homme et chez la femme, que faire en attendant les secours, comment se pose le diagnostic, quels sont les traitements et comment réduire son risque.

Infarctus du myocarde : définition et chiffres clés

Selon l’Assurance Maladie, l’infarctus du myocarde, ou crise cardiaque, est la conséquence de l’obstruction d’une artère coronaire, l’une des artères qui apportent au cœur le sang et l’oxygène dont il a besoin. Il représente la forme la plus grave des syndromes coronariens aigus.

Comment une artère du cœur se bouche-t-elle ?

Avec les années, du cholestérol peut s’accumuler dans la paroi des artères coronaires sous forme de plaques d’athérome. L’accident survient lorsqu’une plaque se détache et vient bloquer l’artère : un caillot se forme autour d’elle et interrompt la circulation. Or, selon l’Assurance Maladie, le muscle cardiaque ne peut pas vivre sans oxygène plus de quelques heures : plus l’artère est débouchée tôt, plus les dégâts sont limités.

Combien de personnes sont touchées en France ?

Les chiffres varient selon les sources. La Fédération française de cardiologie (FFC) estime à 120 000 le nombre d’infarctus chaque année en France, à l’origine de 40 000 décès ; l’Inserm avance une moyenne de 80 000 par an. Selon l’Assurance Maladie, 98 400 personnes ont été prises en charge en 2022 pour un syndrome coronarien aigu ; leur âge moyen était de 69 ans et 31 % étaient des femmes. Le pronostic s’est nettement amélioré : selon l’Inserm, la mortalité à 30 jours est passée de 10,2 % en 1995 à 2,1 % en 2015.

Symptômes de l’infarctus : 7 signes d’alerte à connaître

Selon l’Assurance Maladie, la douleur typique apparaît brutalement, au repos ou à l’effort : elle naît derrière le sternum et agit « comme un étau ». D’après l’Assurance Maladie, l’Inserm et le VIDAL, voici les signes qui doivent alerter :

  1. une douleur ou une oppression dans la poitrine, derrière le sternum ;
  2. une douleur qui s’étend vers la mâchoire, la gorge, le bras gauche (parfois les deux bras), les épaules ou le dos ;
  3. un essoufflement inhabituel ou soudain ;
  4. des sueurs, une pâleur ou un malaise ;
  5. des nausées, des vomissements ou une gêne au creux de l’estomac, facilement confondus avec un problème digestif ;
  6. une fatigue soudaine et inexpliquée ;
  7. une angoisse ou des vertiges.

La persistance doit surtout inquiéter : la douleur dure et ne cède ni spontanément ni avec la trinitrine. La brochure de la FFC sur l’accident coronaire précise qu’elle est plus intense que dans l’angine de poitrine et se prolonge souvent au-delà de 20 minutes. N’attendez pas ce délai : l’Assurance Maladie demande d’appeler le 15 ou le 112 « devant une situation claire ou incertaine ». Une douleur thoracique n’est pas toujours cardiaque, comme l’explique notre article sur la douleur sous la poitrine, mais seul un examen médical permet de trancher.

Une douleur qui varie avec la position et la respiration fait plutôt penser à une péricardite, une inflammation de l’enveloppe du cœur, mais seul un médecin peut trancher : dans le doute, appelez le 15.

Infarctus silencieux : quand il passe inaperçu

Selon l’Inserm, près d’un quart des infarctus du myocarde ne s’accompagnent pas des signes typiques. L’Assurance Maladie précise qu’il passe parfois totalement inaperçu et n’est découvert qu’après coup, lors d’un électrocardiogramme (ECG) ou d’une échographie du cœur. Ces formes discrètes sont plus fréquentes chez la femme, chez les personnes âgées et chez les personnes diabétiques.

Symptômes de l’infarctus chez l’homme et chez la femme

Chez l’homme : la douleur thoracique classique

La description classique de la crise cardiaque, une douleur en étau qui irradie vers le bras gauche ou la mâchoire, est celle que l’on associe le plus souvent à l’homme, par contraste avec les formes « volontiers atypiques » décrites par la FFC chez la femme. Les hommes sont aussi plus souvent touchés : selon Santé publique France, leurs taux d’hospitalisation pour infarctus étaient trois fois plus élevés.

Chez la femme : des signes plus discrets, souvent digestifs ou respiratoires

Selon la FFC, chez les femmes, « les symptômes respiratoires et digestifs sont fréquemment au premier plan ». Le VIDAL précise que la douleur peut se situer au niveau de l’estomac ou du ventre, avec des nausées, des vomissements ou une grande fatigue soudaine. L’Assurance Maladie ajoute que l’infarctus survient souvent sans douleur chez la femme : il se manifeste alors par un malaise, un essoufflement soudain, une fatigue inexpliquée ou des sensations inhabituelles dans le bras gauche.

Ces signes sont facilement mis sur le compte d’un problème digestif ou de la fatigue, ce qui retarde l’appel aux secours. Or l’accident est plus grave chez la femme : selon Santé publique France, la mortalité à l’hôpital après un infarctus était deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes en 2013. Les femmes jeunes ne sont pas épargnées : une étude de Santé publique France montre une hausse des hospitalisations chez les moins de 65 ans entre 2008 et 2013, que l’Inserm relie à l’augmentation du tabagisme et de l’obésité.

Homme ou femme : ce qui change, en un coup d’œil

Point de comparaisonChez l’hommeChez la femme
Signes les plus souvent décritsDouleur en étau derrière le sternum, irradiant vers le bras, la mâchoire ou le dosSignes respiratoires et digestifs souvent au premier plan : essoufflement, nausées, douleur à l’estomac, fatigue soudaine
Infarctus sans douleurPossible, notamment en cas de diabète ou d’âge avancéFréquent, selon l’Assurance Maladie
Risque avant la ménopauseEnviron quatre fois plus élevé que chez la femme (Inserm)Plus faible, puis équivalent à celui de l’homme après la ménopause
Mortalité à l’hôpital (2013)5,6 %10,8 %
Délai avant l’arrivée à l’hôpitalPlus court en moyennePlus long en moyenne
Accès à la réadaptation cardiaquePlus fréquentNettement moins fréquent

Sources du tableau : Assurance Maladie, FFC, Inserm, VIDAL, Santé publique France, méta-analyse de 2026.

Que faire en cas d’infarctus ? Les bons réflexes

Face à des signes évocateurs, n’attendez pas que la douleur passe :

  1. Arrêtez toute activité et restez au repos, comme le recommande la FFC.
  2. Appelez immédiatement le 15 (Samu) ou le 112, même en cas de doute, y compris si vous êtes seul. Selon l’Assurance Maladie, ces numéros sont gratuits, même depuis un mobile bloqué ou sans crédit ; le 114 est réservé aux personnes ayant des difficultés à parler ou à entendre.
  3. Ne vous rendez pas seul à l’hôpital et ne prenez pas le volant, comme le conseille le VIDAL : l’équipe du Samu réalise un ECG sur place et peut commencer le traitement dès le domicile.
  4. Pour les médicaments, suivez les consignes du médecin du Samu. Aucune des sources officielles consultées ne recommande de prendre de l’aspirine de soi-même ; seul le VIDAL l’évoque, pour les personnes ayant déjà fait un infarctus.
  5. Si la personne perd connaissance et ne respire plus, c’est un arrêt cardiaque : selon l’Assurance Maladie, commencez un massage cardiaque jusqu’à l’arrivée du Samu et utilisez un défibrillateur en suivant ses instructions.

Pourquoi chaque minute compte

Selon la FFC, « les deux premières heures sont déterminantes ». Sa brochure indique que, lorsque le traitement est administré dans la première heure, la mortalité est réduite de 50 %, contre 30 % seulement si l’artère est débouchée dans les deux heures. Pourtant, le délai entre le début de la douleur et l’appel des secours est passé de 23 minutes en 1995 à 51 minutes en 2015.

Diagnostic de l’infarctus : ECG et prise de sang

Selon l’Assurance Maladie, le médecin réalise un électrocardiogramme (ECG) dès que le diagnostic est suspecté, souvent sur place. Cet enregistrement de l’activité électrique du cœur permet de poser le diagnostic et de localiser l’artère en cause. S’il est normal, il est renouvelé dans les heures qui suivent ou en cas de récidive des symptômes.

La troponine, le marqueur sanguin de l’infarctus

La troponine est une protéine du muscle cardiaque qui passe dans le sang lorsque le cœur est abîmé. Selon la FFC, des anomalies à l’ECG associées à une augmentation des troponines confirment le diagnostic de syndrome coronarien aigu. Une troponine élevée ne signifie pas toujours un infarctus : l’Assurance Maladie rappelle qu’elle augmente dans d’autres problèmes cardiaques, comme le syndrome du cœur brisé, et que le résultat s’interprète selon les symptômes. De nouveaux tests rapides de troponine visent à accélérer ce diagnostic aux urgences.

Les autres examens possibles

Votre compte rendu peut mentionner d’autres marqueurs du bilan cardiaque, comme la créatine kinase : notre article sur la CPK élevée explique comment lire ce résultat. En cas de doute, une coronarographie, radiographie des artères du cœur après injection d’un produit de contraste, peut être réalisée rapidement.

Traitement de l’infarctus : déboucher l’artère au plus vite

L’angioplastie avec pose de stent

C’est la technique de référence. Le cardiologue introduit un fin tuyau, appelé cathéter, par une artère du poignet, du bras ou de l’aine, jusqu’à l’artère coronaire bouchée, qu’il dilate à l’aide d’un petit ballonnet. Il pose ensuite un stent, un petit tube en mailles métalliques qui maintient l’artère ouverte, détaille le VIDAL. Selon l’Assurance Maladie, cette intervention n’est possible que dans un délai court : moins de 90 minutes depuis le début des symptômes, 120 minutes au maximum.

La thrombolyse, quand le délai est trop long

Sinon, le médecin peut injecter dans une veine un médicament qui dissout le caillot : c’est la thrombolyse, qui peut être commencée au domicile et pendant le transfert, selon l’Assurance Maladie. Très efficace, elle peut toutefois entraîner une hémorragie cérébrale dans environ 1 % des cas, précise l’Inserm.

Les médicaments au long cours

Un traitement est ensuite prescrit pour réduire le risque de récidive. L’Inserm le résume par l’acronyme BASIC :

LettreTraitementRôle
BBêtabloquantsRalentissent le cœur et limitent la pression du sang sur la paroi des artères
AAntiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel)Empêchent la formation d’un nouveau caillot
SStatinesRéduisent le taux de cholestérol
IInhibiteurs de l’enzyme de conversionAident à contrôler la tension artérielle
CContrôle des facteurs de risqueArrêt du tabac, activité physique, perte de poids si nécessaire, réadaptation

Ce traitement se poursuit généralement au long cours ; l’Assurance Maladie insiste : ne le modifiez pas et ne l’arrêtez pas sans avis médical.

Réadaptation cardiaque et reprise des activités

Comme après tout accident musculaire, le cœur a besoin d’une rééducation : la réadaptation cardiaque. Selon l’Assurance Maladie, elle commence à l’hôpital et peut se poursuivre en hospitalisation complète pendant deux à trois semaines, ou en ambulatoire. Le VIDAL indique qu’elle diminue en moyenne de 30 % la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. Pourtant, selon Santé publique France, seuls 22 % des patients ayant eu un syndrome coronarien aigu en 2019 y ont été admis, nettement moins souvent les femmes.

Pour un infarctus non compliqué, un arrêt de travail de 4 semaines peut suffire en cas de travail sédentaire, contre deux mois pour un travail physique, selon l’Assurance Maladie, qui recommande ensuite une consultation chez le médecin traitant tous les trois mois et un bilan annuel chez le cardiologue.

Facteurs de risque de l’infarctus et prévention

Selon l’Assurance Maladie, l’infarctus survient lorsque les facteurs de risque cardiovasculaire se cumulent. La FFC distingue ceux que l’on ne peut pas modifier (âge, sexe, hérédité) de ceux qui dépendent du mode de vie :

  • le tabagisme ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • l’excès de cholestérol, détaillé dans notre article sur le cholestérol élevé ;
  • le diabète, dont l’équilibre se suit grâce à l’hémoglobine glyquée (HbA1c) ;
  • la sédentarité, l’obésité abdominale et une alimentation trop riche en graisses saturées ;
  • le stress et la dépression ;
  • l’excès d’alcool, ainsi que la pollution atmosphérique citée par Santé publique France.

Plusieurs de ces facteurs se repèrent par une prise de sang : le bilan lipidique mesure le cholestérol (LDL, HDL) et les triglycérides, la glycémie et l’HbA1c dépistent ou suivent un diabète. Avec la tension artérielle et le tour de taille, ces résultats aident votre médecin à estimer votre risque cardiovasculaire.

Côté prévention, l’Assurance Maladie recommande d’arrêter de fumer, de pratiquer une activité physique régulière, par exemple 30 minutes par jour à intensité modérée, de modérer l’alcool et de limiter les plats ultratransformés, souvent trop riches en sucres, graisses et sel. Après un infarctus, une activité sportive soutenue ne se reprend qu’avec l’accord du cardiologue.

Dernières avancées scientifiques

Plusieurs travaux récents, indexés dans PubMed, éclairent les différences entre hommes et femmes et le suivi après une crise cardiaque.

Les femmes arrivent plus tard à l’hôpital

Une méta-analyse, c’est-à-dire un travail qui regroupe de nombreuses études, publiée en 2026 a rassemblé 29 études et plus de 127 000 patients. Les femmes mettent plus de temps que les hommes à arriver à l’hôpital, et l’écart est plus net encore pour le temps qu’elles mettent à demander de l’aide. Ce que cela change pour vous : un essoufflement, un malaise ou une douleur à l’estomac inhabituels chez une femme justifient d’appeler sans attendre.

Des signes avant-coureurs, parfois bien avant l’accident

Une revue systématique publiée en 2025, portant sur 11 études menées chez des femmes, montre que l’accident est souvent précédé de signes annonciateurs, appelés prodromes : surtout une fatigue inhabituelle, puis des troubles du sommeil et de l’anxiété, fréquemment attribués à d’autres causes. Ce que cela change pour vous : une fatigue inhabituelle et durable, surtout avec des facteurs de risque, mérite d’être signalée à votre médecin. Ces résultats restent à confirmer.

Bêtabloquants : pas toujours utiles quand le cœur pompe bien

Une analyse publiée en 2025 a regroupé les données de près de 18 000 patients issus de cinq essais. Lorsque le cœur avait gardé une force de pompage normale (on parle de fraction d’éjection préservée), sans autre raison de prendre ce médicament, les bêtabloquants n’ont pas réduit le risque de décès, de nouvel accident ou d’insuffisance cardiaque. Ce que cela change pour vous : les recommandations pourraient évoluer, mais n’arrêtez jamais un traitement de vous-même ; parlez-en à votre cardiologue.

Santé mentale et sommeil : des facteurs de risque à surveiller

Une méta-analyse publiée en 2026, portant sur 25 études et plus de 22 millions de participants, associe la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil et le stress post-traumatique à un risque plus élevé d’accident coronaire. Le lien le plus solide concernait le stress post-traumatique, avec un risque près de trois fois plus élevé. Ce que cela change pour vous : prendre soin de son sommeil et de sa santé mentale fait partie de la prévention, même si ces études montrent un lien sans prouver une cause.

La réadaptation cardiaque, encore trop peu suivie

Une méta-analyse de 2023, portant sur 14 études et plus de 114 000 patients, estime qu’environ un tiers seulement des personnes ayant eu un infarctus suivent une réadaptation ; les femmes et les plus de 60 ans y participent moins. Ce que cela change pour vous : si elle ne vous a pas été proposée, parlez-en à votre cardiologue.

Glossaire

  • Infarctus du myocarde : destruction d’une partie du muscle cardiaque causée par l’obstruction brutale d’une artère coronaire.
  • Artère coronaire : artère qui entoure le cœur et lui apporte le sang et l’oxygène dont il a besoin.
  • Plaque d’athérome : dépôt de cholestérol dans la paroi d’une artère, qui la rétrécit et peut se détacher pour la boucher.
  • Syndrome coronarien aigu : ensemble des situations où le cœur manque brutalement d’oxygène ; l’infarctus en est la forme la plus grave.
  • Électrocardiogramme (ECG) : enregistrement indolore de l’activité électrique du cœur, premier examen réalisé en cas de suspicion d’infarctus.
  • Troponine : protéine du muscle cardiaque qui passe dans le sang lorsque le cœur est abîmé ; son dosage aide à confirmer le diagnostic.
  • Coronarographie : examen radiologique qui permet de voir les artères du cœur grâce à l’injection d’un produit de contraste.
  • Angioplastie : technique qui débouche une artère coronaire à l’aide d’un petit ballonnet introduit par un cathéter.
  • Stent : petit tube en mailles métalliques posé dans l’artère pour la maintenir ouverte.
  • Thrombolyse : injection dans une veine d’un médicament qui dissout le caillot bloquant l’artère.

Questions fréquentes sur l’infarctus

Quels sont les premiers signes d’un infarctus chez la femme ?

Chez la femme, l’infarctus se manifeste souvent par des signes respiratoires ou digestifs plutôt que par une douleur thoracique typique, selon la Fédération française de cardiologie : essoufflement soudain, nausées, vomissements, douleur au niveau de l’estomac ou du ventre, grande fatigue soudaine. Il peut aussi survenir sans aucune douleur, avec un simple malaise ou des sensations inhabituelles dans le bras gauche. Devant ces signes, surtout s’ils sont inhabituels et persistent, appelez le 15 ou le 112 sans attendre.

Peut-on avoir des signes un mois avant un infarctus ?

C’est possible. Une revue d’études publiée en 2025 montre que de nombreuses femmes ressentent, bien avant l’accident, une fatigue inhabituelle, des troubles du sommeil ou de l’anxiété. Ces signes ne sont pas spécifiques et peuvent avoir bien d’autres causes, mais ils méritent d’être signalés à votre médecin, surtout en présence de facteurs de risque comme le tabac, l’hypertension, le diabète ou un excès de cholestérol. Une douleur dans la poitrine qui revient à l’effort doit, elle aussi, faire consulter.

Que faire en cas de crise cardiaque si on est seul ?

Appelez immédiatement le 15 ou le 112, dès les premiers signes, sans attendre qu’un proche arrive ni que la douleur passe. Ces appels sont gratuits, même depuis un portable bloqué ou sans crédit. Arrêtez tout effort, restez au repos et ne prenez pas le volant pour vous rendre à l’hôpital : l’équipe du Samu peut réaliser un ECG et commencer le traitement dès votre domicile. Si vous avez déjà fait un infarctus, suivez les consignes que votre médecin vous a données.

Peut-on mourir d’un infarctus ?

Oui, l’infarctus reste une urgence vitale. Selon l’Inserm, environ 10 % des victimes décèdent dans l’heure qui suit, d’où l’importance d’appeler le 15 sans délai. Le pronostic s’est toutefois beaucoup amélioré : selon le VIDAL, 96 % des personnes qui font un infarctus survivent au-delà d’un mois et 89 % au-delà d’un an. Plus le traitement commence tôt, plus les dégâts sur le cœur sont limités, et un traitement bien suivi réduit le risque de récidive.

Le stress peut-il provoquer un infarctus ?

Le stress n’est pas à lui seul la cause d’un infarctus, qui survient le plus souvent lorsque plusieurs facteurs de risque se cumulent. La Fédération française de cardiologie range toutefois le stress et la dépression parmi les facteurs de risque, aux côtés du tabac, de l’hypertension, du cholestérol ou du diabète. Une méta-analyse de 2026 associe aussi l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil et le stress post-traumatique à un risque plus élevé d’accident coronaire. Gérer son stress complète, sans les remplacer, les autres mesures de prévention.

Peut-on retrouver une vie normale après un infarctus ?

Oui, dans la grande majorité des cas. Selon le VIDAL, 95 % des personnes qui ont eu un infarctus reprennent leur activité professionnelle. La réadaptation cardiaque aide à retrouver ses capacités physiques et sa confiance. Le traitement, souvent à prendre au long cours, l’arrêt du tabac, une activité physique régulière et une alimentation équilibrée limitent le risque de récidive. Une activité sportive soutenue se reprend avec l’accord du cardiologue, et un suivi régulier reste indispensable.

Sources

  • Assurance Maladie — Infarctus du myocarde : définition, survenue et facteurs favorisants ; reconnaître un infarctus et agir au plus vite ; traitement ; vivre après un infarctus ; prévention — mis à jour en juin 2026 — ameli.fr (définition) ; ameli.fr (symptômes et urgence) ; ameli.fr (traitement) ; ameli.fr (après l’infarctus) ; ameli.fr (prévention)
  • Fédération française de cardiologie — L’infarctus du myocarde (2023) ; brochure « L’accident coronaire : pourquoi et que faire ? » (2022) — fedecardio.org ; brochure (PDF)
  • Inserm — Infarctus du myocarde, dossier d’information — 2019 — inserm.fr
  • Santé publique France — Infarctus du myocarde : la maladie ; les données (2019) ; Infarctus du myocarde chez la femme : évolutions des taux d’hospitalisation et de mortalité, France 2002-2013 (2016) — santepubliquefrance.fr (la maladie) ; santepubliquefrance.fr (données) ; santepubliquefrance.fr (femmes)
  • Grave C. et coll. (Santé publique France) — Évolutions nationale et régionales de l’admission en réadaptation cardiaque après un syndrome coronarien aigu en France — Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2024 — santepubliquefrance.fr
  • VIDAL — Infarctus du myocarde (2024) ; Réadaptation cardiovasculaire (2020) ; Comment soigne-t-on une crise cardiaque ? (2020) — vidal.fr (infarctus) ; vidal.fr (réadaptation) ; vidal.fr (traitement)
  • Hu D. et coll. — Sex disparities in pre-hospital delay in patients with acute myocardial infarction: a systematic review and meta-analysis — BMC Cardiovascular Disorders, 2026 — DOI 10.1186/s12872-026-05995-3 (via PubMed)
  • Giordano V. et coll. — Prodromal Symptoms of Acute Myocardial Infarction in Women: A Systematic Review of Current Evidence — Nursing Open, 2025 — DOI 10.1002/nop2.70211 (via PubMed)
  • Kristensen A. M. D. et coll. — Beta-Blockers after Myocardial Infarction with Normal Ejection Fraction — New England Journal of Medicine, 2025 — DOI 10.1056/NEJMoa2512686 (via PubMed)
  • Gupta A. et coll. — Mental Disorders as a Risk Factor of Acute Coronary Syndrome: A Systematic Review and Meta-Analysis — JAMA Psychiatry, 2026 — DOI 10.1001/jamapsychiatry.2025.4253 (via PubMed)
  • Wang L. et coll. — Factors associated with participation in cardiac rehabilitation in patients with acute myocardial infarction: A systematic review and meta-analysis — Clinical Cardiology, 2023 — DOI 10.1002/clc.24130 (via PubMed)

Autres articles

Interprétez vos analyses de laboratoire avec AI DiagMe

Après un infarctus, ou pour mieux connaître votre risque cardiovasculaire, vos analyses de sang contiennent des informations précieuses. AI DiagMe vous aide à comprendre en langage clair votre bilan lipidique (LDL-cholestérol, triglycérides), votre glycémie ou votre HbA1c, ainsi qu’un dosage de troponine ou de CPK, et à préparer vos questions pour votre médecin. L’outil ne pose pas de diagnostic, ne remplace pas une consultation et ne doit jamais retarder un appel au 15 en cas de symptômes.

Obtenez une interprétation en quelques minutes

Auteurs/autrices

  • AI DiagMe

    L'équipe AI DiagMe réunit médecins, spécialistes cliniques et éditeurs médicaux. Nos articles sont rédigés par des professionnels de la communication en santé puis révisés et validés par les médecins de notre comité scientifique, composé de praticiens hospitaliers en exercice dans des spécialités telles que l'hématologie, l'endocrinologie et la médecine générale. Chaque contenu s'appuie sur les directives cliniques en vigueur et les publications médicales évaluées par les pairs.

  • Julien Priour, cofondateur et directeur général d'AI DiagMe

    Julien Priour est éditeur médical senior chez AI DiagMe, où il supervise la ligne éditoriale et le processus de vérification des faits. Diplômé de HEC Paris, il cumule 3 années d'expérience en édition santé et a été formé à la rédaction et publication scientifique par l'Institut de Recherche pour le Développement (FUN-MOOC, 2026). Il veille à ce que chaque article respecte les recommandations médicales en vigueur et soit relu et validé par un médecin du comité scientifique et éthique. Il définit les standards de sourcing (HAS, Ameli, INSERM…) et de relecture appliqués à l'ensemble du site.

  • Dr. Claude Tchonko, médecin du comité scientifique d'AI DiagMe

    Dr Claude Tchonko est hématologue, en exercice depuis 2013, exerçant actuellement à la Clinique Mas de Rochet (Castelnau-le-Lez). Fort d'un parcours international, il est spécialisé dans la prise en charge des hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes), avec une expertise particulière dans les traitements par autogreffe de cellules souches, la thérapie CAR-T et l'optimisation des parcours de soins en onco-hématologie.

    Auteur d'un ouvrage de référence, « Les hémopathies lymphoïdes au Mali », il combine pratique clinique et participation active à des projets de développement de solutions technologiques en santé.

    Titulaire d'un Doctorat d'État en Médecine (Faculté de Médecine de Bamako, 2006), il a complété sa formation par un Certificat d'Études Spécialisées en Hématologie Bioclinique (Abidjan-Cocody, 2010) et plusieurs diplômes universitaires : DFMS d'Hématologie et DIU de Cytogénétique Onco-hématologique (Grenoble), ainsi qu'un DU sur le syndrome drépanocytaire majeur (UPEC).

Articles connexes